Rencontre avec Clovis de Shellac Records à Nancy | Monsieur Vinyl
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Rencontre avec Clovis de Shellac Records (Nancy)

Rencontre avec Clovis de Shellac Records (Nancy)

À 24 ans, Clovis Passetemps est à la tête de Shellac Records. Baigné dès son plus jeune âge par un univers Acid Rock, Rock Seventies et U.S., c’est tout naturellement qu’il choisit le métier de disquaire indépendant. Je suis allé à sa rencontre, en n’oubliant pas de ramener cet interview exclusif capté dans sa boutique située en plein centre de Nancy !

Monsieur Vinyl : Bonjour Clovis !

Clovis : Bonjour Monsieur Vinyl !

M.V. : Depuis combien de temps ton magasin est ouvert ? Comment Shellac Records est né ?

C : J’ai ouvert Shellac Records en 2018. En réalité, le magasin fait partie d’un concept-store vintage baptisé ‘La Galerie Sur Son 31‘ avec des meubles, des skate boards, on peut même y venir manger. Et il y a surtout des vinyles ! De base, je faisais de la radio, et mon père a décidé de venir travailler à la Galerie, c’était le premier stand. Un jour, il m’a demandé si je voulais continuer la radio ou tenir un stand de disques. Pour moi, la réponse était évidente.

M.V. : En définitive, tu as baigné dans la musique. Tu es aussi un collectionneur à côté de ton métier ?

C : Oui, j’ai pas mal de disques chez moi. Dès qu’il y a un son qui me plaît, que ce soit de l’Electro ou du Jazz, peu importe, je le prends et ça finit chez moi, qu’il soit en bon ou mauvais état.

Monsieur Vinyl & Clovis Passetemps

M.V. : Quels types de collectionneurs reçois-tu dans ton magasin ? Des collectionneurs exigeants ? Davantage portés sur le Rock ?

C : Il y a vraiment tout le monde. Il y a des gens qui passent par curiosité, puisque forcément à la Galerie il n’y a pas que moi donc ils vont voir à droite à gauche. Sinon, il y a des fans de Stoner, de Doom, ou encore de Black Metal. J’essaye, en tant que disquaire, d’être le plus éclectique possible, et de m’intéresser à la vie des artistes pour pouvoir raconter des anecdotes. Je pense que c’est bien de repartir avec un disque mais avec une histoire c’est encore mieux.

M.V. : Combien de disques tu as en stock ?

C : Je dirais entre 8000 et 9000 disques. Ca varie constamment. Je peux pas faire les comptes tout le temps, mais j’essaye au maximum de m’en occuper, d’autant plus que je suis tout seul. C’est essentiellement de l’occasion, donc j’essaye d’en avoir le plus possible.

M.V. : Tu as très peu de vinyles neufs ?

C : J’en ai quelques-uns. Je trouve que ça change. De nos jours, on va dans un magasin, on demande un vinyle et on l’obtient. Chez moi, il faut fouiller si veux trouver un disque, et lorsque tu le trouves tu es d’autant plus content puisque, justement, tu l’auras recherché.

Clovis & Ghost In The Tapes

M.V. : Tu as des groupes locaux dans tes bacs ?

C : Oui, j’ai d’ailleurs deux exemples. Le premier groupe dont je peux te parler c’est Ghost In The Tapes. Je trouve leur travail très intéressant. Pour moi, c’est une grosse claque. Ils m’ont ramené en magasin trois albums. Il y en a un qui est psychédélique, l’autre est beaucoup plus Funk. Je peux te parler de leur album “Happily Confused” publié en 2020 sur Black Milk Music. Ça fait huit ans que le groupe existe sur Nancy. Ce que je trouve fou c’est que chaque fois que j’en parle, personne connaît ! J’aime leur démarche qui consiste à créer une bande-son, puis d’aller chercher un peu partout des artistes pour du featuring, que ce soit à Tokyo, New-York ou à Nancy même. Musicalement, ça s’inscrit davantage dans un Hip-Hop Fusion, un peu jazzy.

M.V. : Et quelle est ta seconde référence locale ?

C : Ma seconde référence c’est Kumio avec cet EP nommé “To The Eternal Wind”. Pour historique, un type a entendu parler de mon magasin et il est venu un jour me déposer ce disque. Il m’a dit qu’il avait tout composé avec son groupe. C’est du Sludge, un peu Doom. À chaque fois que je le fais écouter dans ma boutique, et que quelqu’un passe à côté, la personne me dit : “j’en veux un !”.

M.V. : Aujourd’hui, le vinyle couleur est partout, FNAC et autres franchises nous en vendent par paquets. Comment perçois-tu cette facette marketing autour de ce support ?

C : Personnellement, les vinyles ‘full color’, ne m’attirent pas. Dans ce cas précis, la plupart du temps, la couleur du vinyle ne correspond pas à la pochette. Je préfère de loin des modèles ‘splatter’ par exemple. Il y a beau y avoir la mention ‘édition limitée’ sur une pochette, je préfère largement qu’un groupe inconnu décide lui-même d’éditer son disque en couleur. Chaque fois que je me rends dans un FNAC, je me dis “c’est différent de chez moi !”. Après, j’évite d’en parler, car c’est un autre monde que le mien.

Bac Shellac Records

M.V. : Tu soutiens également le projet ‘Graveur Scott’, mené par Quentin ?

C : Ce projet me touche beaucoup. Quentin est à fond dans cette machine. J’ai l’impression que ça prend d’énormes proportions, même si la machine n’existe pas encore. Lorsque Quentin me parle de ce projet, je déborde ! Il y a tellement de possibilités pour le ‘Graveur Scott’ !

M.V. : Comment tu vois le futur en tant que disquaire indépendant, et le futur de ton métier ?

C : Je pense que les musiques de films touchent énormément de gens, et que ce genre va exploser. Il y a vraiment ce côté Tarantino qui va donner envie aux gens d’acheter plus de disques. La B.O. il y en a partout. Même lorsqu’on va aller voir un film, il y a toujours le plan où tu vois le personnage poser la pointe de lecture sur le sillon. Donc, forcément, il y a une répercussion. Le vinyle et le cinéma, ça va de pair. Il se passe la même chose avec le jeu vidéo. Du côté du métier de disquaire, j’espère qu’il y aura d’autres jeunes comme moi qui vont s’y intéresser.

M.V. : En ce moment, quels sont les vinyles que tu écoutes ?

C : En ce moment, en dehors de Ghost In The Tapes qui est une vraie révélation pour moi, j’écoute tous les matins le morceau “Loran’s Dance” par Idris Muhammad. Il dure dix minutes, c’est du Jazz. Pour ma part, ça m’aide à me réveiller. J’ai découvert cet artiste sur Spotify, et j’ai hâte d’avoir le vinyle un jour.

M.V. : Merci à toi Clovis !

C : Merci Monsieur Vinyl !

Monsieur Vinyl & Clovis Passetemps (2)

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