05 Jan 😀👍 TOP 5 – albums de 2025 (en vinyle)
Ils sont beaux, ils sont bons, ils sonnent bien ! Et je les aime ! Par ici les coups de cœur ! Par ici les albums qui m’ont fait vibrer ! Voici les cinq albums que j’ai le plus aimés en 2025, évidemment en vinyle. Et en bonus : le classement des abonné(e)s !


Last Train
« III »
2025 / PIAS / FRANCE / LTP003
Il y a des albums qui restent dans les consciences. Et qui sont difficilement oubliables. « III » fait partie de ces disques qui transportent avec eux une telle énergie, une telle aura, une telle volonté, qu’il est impossible de les ignorer. Ils s’installent, occupent l’espace, sans jamais perdre leur élan. En 2025, les Alsaciens de Last Train ont proposé leur album de la maturité, qui est aussi leur troisième album studio de chansons originales (hors EP et réadaptation de leur répertoire dans « Original Motion Picture Soundtrack »).
La rage au ventre, le cœur à l’ouvrage, Last Train est rentré en gare avec des titres à faire pâlir les adeptes des frères Gallagher ; on retient la criante « Revenge », mais aussi des morceaux plus progressifs comme « How Does It Feel ? » ou « This Is Me Trying », jusqu’à finir par surprendre son auditoire avec « I Hate You » (un morceau de 7 minutes 30, excusez du peu). Pour habiller le tout, confiez le mastering à Mickaël Rangeard (Iggy Pop, -M-, ainsi que « Black Orpheus » de Keziah Jones), saupoudrez l’ensemble d’une co-production, d’un enregistrement et d’un mixage assurés aux côtés de Rémi Gettliffe (qui suit le quatuor depuis ses débuts), mélangez le tout et vous obtenez le meilleur album de l’année 2025.
Haut la main, « III » se défend face aux autres productions rock françaises, et ça fait plaisir à entendre. Tout est à sa place : c’est un album abouti, porté par une tracklist qui place la barre très haut et qu’il sera extrêmement difficile de détrôner pour quiconque souhaiterait s’y mesurer.


Youssoupha
« Amour Suprême »
2025 / Believe / FRANCE / BLV8721
Voilà quelques années que je m’étais éloigné du travail de Youssoupha, non par désintérêt pour le formidable lyriciste bantou qu’il est, mais en raison d’une utilisation trop marquée de l’auto-tune sur ses précédents albums. Avec « Amour Suprême », l’artiste revient à l’essentiel et signe un septième album brut, mature et profondément sincère, que l’on peut sans difficulté placer aux côtés de ses œuvres majeures, « Noir Désir » et « NGRTD ».
Cherchant constamment à faire dialoguer les cultures, tant artistiquement que géographiquement, Youssoupha livre ici un disque d’une grande maturité. Il se montre tour à tour intime, introspectif, politique et spirituel, notamment à travers des titres comme « Dieu est Grande », « Prose Combat » ou encore le poignant « Prier Sans Crainte » qui conclut l’album avec une rare élévation.
Enregistré entre Dakar, Bruxelles, Abidjan, Montréal et le studio Miraval, « Amour Suprême » s’appuie sur des productions soignées, pensées loin des recettes faciles du rap contemporain. Les instrumentales, organiques et métissées, offrent à la plume de Youssoupha un écrin idéal, confirmant son statut de maître de la punchline et du verbe engagé.
À cela s’ajoute une pochette remarquable signée par le camerounais Maxime Manga (Mboa Art), qui parachève un projet à l’univers réfléchi. « Amour Suprême » s’adresse aux lumineuses et aux lumineux, et rappelle, avec force et humilité, l’importance de l’amour et de la transmission dans un monde toujours plus individualiste.


Simply Red
« Recollections »
2025 / Music On Vinyl / EUROPE / MOVLP4008
Au Royaume-Uni réside un super-groupe qui a su conserver une place de choix dans le monde de la Pop : Simply Red. Si certains se sont arrêtés à l’album « A New Flame », ou au mieux à « Stars », c’est oublier que la discographie de la formation est bien plus fournie qu’on ne pourrait le penser. Ajoutons à cela un chiffre éloquent : 40 ans. Oui, 40 années durant lesquelles le chanteur ‘ginger’ Mick Hucknall a su donner une personnalité unique à des morceaux relativement accessibles, mais qui – avouons-le – manqueraient de saveur sans sa tessiture si singulière couvrant quatre octaves.
Quarante années, ça se fête, et Simply Red a vu très grand : réenregistrer 40 morceaux de leur carrière. Rien que ça. Et, sans sourciller, le résultat est une sincère réussite. On sait à quel point il est moralement complexe pour des artistes de revenir sur leurs œuvres passées, mais il est tout aussi délicat de les réactualiser sans en perdre la patine originelle. Avec « Recollections », le groupe a réalisé un travail admirable, précis et cohérent, porté par un mixage soigné dû au fidèle Gavin Goldberg, et une production signée Andy Wright (Massive Attack, Natalie Imbruglia, Étienne Daho, …). Même le photographe Simon Fowler a été rappelé pour revisiter les traits de la pochette du premier album, « Picture Book », publié en 1985.
Ainsi se réilluminent des morceaux comme « Holding Back The Years », « You’ve Got It » et surtout la reprise d’Harold Melvin & The Blue Notes qui fera toute la renommée du groupe, « If You Don’t Know Me by Now », ici magistralement remise à neuf, débarrassée de ses quelques défauts et retrouvant enfin sa sensibilité Soul originelle. On peut également citer des titres plus récents passés par cette révision, comme « Fairground », où les percussions gagnent en réalisme, mais aussi les rayonnantes « Never Never Love », « The Air That I Breathe », « Fake » et « Say You Love Me », qui respirent toutes à nouveau. Et ceci n’est qu’un échantillon de ce que vous réserve la version intégrale en quatre vinyles ! Sans nul doute, « Recollections » contient le plus beau travail opéré en studio par Simply Red depuis de nombreuses années.


Big Thief
« Double Infinity »
2025 / 4AD / EUROPE / 4AD0850LPE
Depuis 2015, les New-Yorkais de Big Thief se sont imposés comme l’un des groupes les plus singuliers de la scène folk indie contemporaine. Avec « Double Infinity », leur sixième album studio, le trio — puisque désormais privé du membre fondateur Max Oleartchik — poursuit sa mue artistique et livre un disque profondément moderne, à la fois hybride dans ses formes et presque méta dans son propos.
Publié sur le label britannique 4AD, « Double Infinity« explore une folk épurée aux accents de country contemporaine, portée par l’écriture sensible et la voix immédiatement reconnaissable d’Adrianne Lenker. L’ensemble se révèle d’une grande profondeur émotionnelle, aussi beau qu’exigeant, et s’impose comme une écoute attentive, presque méditative et parfois mélancolique. Des titres comme « All Night, All Day », « Los Angeles » ou encore « How Could I Have Known » illustrent parfaitement cette capacité du groupe à toucher émotionnellement juste, sans jamais forcer le trait.
Enregistré au Five Star Studio – un lieu entièrement en bois, 100 % analogique, fondé par Jonathan Wilson – l’album bénéficie d’une chaleur sonore remarquable. Le mastering vinyle, réalisé à Londres aux studios Metropolis, parachève un travail particulièrement soigné. Et pour celles et ceux qui seraient tentés de se procurer le vinyle, lorgnez plutôt du côté de l’édition limitée pressée sur un vinyle vert marbré.
Un album subtil et inspiré, qui confirme Big Thief comme l’un des projets les plus précieux et de la folk moderne actuelle.


Sarah McLachlan
« Better Broken »
2025 / Concord Records / USA / CRE03068
Artiste canadienne à la tessiture vocale immédiatement reconnaissable, Sarah McLachlan signe avec « Better Broken » un retour délicat et inspiré. Publié en septembre 2025 chez Concord, il vient rappeler à quel point la singularité de sa voix reste au cœur de son identité artistique. Moins exposée en Europe qu’en Amérique du Nord, elle demeure pourtant une figure majeure outre-Atlantique, notamment révélée au grand public par le morceau « Angel » (issu de l’opus « Surfacing »), immortalisée dans le film « La Cité des Anges ».
Produit par Tony Berg et Will McLellan, et en partie enregistré dans les légendaires studios Sound City de Los Angeles, « Better Broken » – dixième album studio d’une artiste forte de plus de 40 millions d’albums vendus – fusionne habilement la poésie électronique d’une pop feutrée avec des accents atmosphériques proches d’un registre modern folk. Le disque accueille également un duo remarqué avec Katie Gavin, chanteuse et parolière du groupe MUNA, sur la ballade country « Reminds Me », apportant la touche contemporaine qui constitue, depuis quelques années, le sel du travail de McLachlan.
Côté vinyle, l’album existe dans une édition exclusive ‘Barnes & Noble’, baptisée ‘Fruit Punch’ et pressée sur un vinyle mauve. À noter qu’un titre supplémentaire, « All This Disaster », figure uniquement sur l’édition distribuée par l’enseigne américaine Target. Parmi les morceaux à retenir, on citera la très formatée mais riche « Better Broken », facilement rapprochable de l’univers de « Last To Go ». Il y a aussi la moderne et aérienne « One In A Long Time », la douce « Rise », ou encore la presque traditionnelle et acoustique « If This Is the End » qui vient conclure l’album.
