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Music Non Stop đź“€ un heureux disquaire Ă  Strasbourg | Monsieur Vinyl
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Music Non Stop đź“€ un heureux disquaire Ă  Strasbourg

Un disquaire qui naĂ®t est toujours une excellente nouvelle et le synonyme d’une rĂ©ussite. Je rends aujourd’hui visite Ă  ‘Music Non Stop’, une modeste Ă©choppe alsacienne de 22 m² composĂ©e de 90% de vinyles qui a ouvert ses portes le 1er Septembre 2021. Un endroit passionnant tenu par un passionnĂ© qui a effectuĂ© un virage professionnel pour se consacrer Ă  ce qu’il aime le plus : la musique et le microsillon. J’ai Ă©changĂ© avec lui autour du support, de l’actualitĂ© vinylistique, et – bien sĂ»r – de son magasin strasbourgeois qui reçoit chaque jour des amateurs Ă©clairĂ©s et, souvent, des jeunes collectionneurs..

Monsieur Vinyl : Bonjour François ! 

François : Bonjour Monsieur Vinyl ! Je suis ravi de t’accueillir dans ma modeste Ă©choppe !

M.V. : Tu viens tout juste d’ouvrir ton commerce en tant que disquaire Ă  Strasbourg. C’est quoi ‘Music Non Stop’ ?

F. : Effectivement, au moment oĂą on se rencontre, j’entame ma troisième semaine pleine ; j’ai ouvert ‘Music Non Stop’ le 1er Septembre 2021. Et c’est bien au-delĂ  de mes espĂ©rances, ça me fait chaud au cĹ“ur. Il y a beaucoup de gens qui viennent en boutique, dont beaucoup de jeunes. Tous cherchent des rĂ©fĂ©rences diffĂ©rentes. Étant gĂ©nĂ©raliste, j’essaie d’amener de la diversitĂ© dans les bacs. Je ne suis pas un disquaire spĂ©cialisĂ© Metal, ou encore un disquaire spĂ©cialisĂ© Reggae,… mais j’ai tout ça en magasin, et je reste gĂ©nĂ©raliste.

M.V. : Qu’est-ce qu’on trouve chez ‘Music Non Stop’ ?

F. : On peut y trouver beaucoup de 33 tours, mais aussi un choix important de 45 tours, Ă  des petits prix. Chez moi, les tarifs dĂ©butent Ă  3 €, donc on peut largement se faire plaisir Ă  pas cher. On peut aussi y trouver des tubes mondialement connus ; si vous voulez « Beat It » de Michael Jackson, vous pourrez le trouver Ă©galement Ă  3 € (et non Ă  50 € !). Il y a aussi un peu de CD ; Ă  ce niveau, je privilĂ©gie des versions « collector » plus difficiles Ă  trouver, mais aussi beaucoup de maxis. D’ailleurs, j’ai en vitrine le CD de la B.O. de « Tchao Pantin » par CharlElie Couture ; facile Ă  trouver en vinyle, mais beaucoup moins facile Ă  dĂ©nicher en CD. Et puis, enfin, il y a des DVD musicaux, des VHS ou encore des livres sur la musique.

M.V. : Où est-ce que se situe « Music Non Stop » ?

F. : Je suis Ă  25 mètres du MusĂ©e Alsacien qui est une sommitĂ© ici. Il y a beaucoup de touristes qui viennent y faire un tour. ‘Music Non Stop » se situe sur les quais, en face d’un très beau bâtiment qui se nomme l’Ancienne Douane, au numĂ©ro 19 Quai Saint-Nicolas Ă  Strasbourg.

M.V. : Ton magasin a des horaires incroyables…

F. : Oui, en ce moment j’ai des horaires assez larges, du Lundi au Samedi, de 9h Ă  19h sans interruption. Je vais maintenir ce rythme effrĂ©nĂ© durant les quatre prochains mois, au moins jusqu’Ă  la fin d’annĂ©e 2021. J’envisage aussi d’ouvrir les dimanches durant le mois de DĂ©cembre, puisque c’est le gros mois des cadeaux, et j’imagine que le vinyle peut ĂŞtre un très beau cadeau de NoĂ«l. Puis, Ă  partir du 1er Janvier 2022, je modifierais les horaires. Je tiendrais au courant la clientèle Ă  ce moment-lĂ .

M.V. : ‘Music Non Stop’… est-ce que ce nom ne serait-il pas un hommage au groupe Kraftwerk ? 

F. : Haha, oui ! On ne peut rien te cacher effectivement ! Ă€ cette fameuse question « ĂŞtes-vous plutĂ´t Rolling Stones ou plutĂ´t Beatles ? », je rĂ©ponds toujours « je suis Kraftwerk ! ». J’ai commencĂ© Ă  dĂ©couvrir la musique avec ce groupe allemand, pionnier dans l’Ă©lectro. Cela m’a ouvert les chakras sur la musique Ă©lectronique des annĂ©es 90-2000. Je suis d’ailleurs un gros consommateur de musique Ă©lectronique moderne. Mais Kraftwerk, ça reste toute ma jeunesse ! D’ailleurs, mon premier achat musical Ă©tait une cassette audio de « Trans-Europe Express ».

M.V. : Quel est le type de clients que tu reçois dans ta boutique ?

F. : Il y a Ă©normĂ©ment de jeunes, et puis aussi beaucoup de touristes puisque je suis plutĂ´t bien placĂ© par rapport Ă  la cathĂ©drale et au centre historique de Strasbourg, cette magnifique ville oĂą je suis nĂ© et que j’adore. Aujourd’hui, 45% des gens qui achètent du vinyle ont entre 20 et 35 ans, et ça se confirme. Je suis d’ailleurs surpris, car ils viennent avec une Ă©norme culture musicale. Internet leur a fait beaucoup de bien. La dernière fois, un jeune de 14 ans est reparti de la boutique avec l’album « Aqualung » de Jethro Tull sous le bras. C’est gĂ©nial, car je m’attendais vraiment Ă  son âge qu’il reparte plutĂ´t avec un album de rap français autotunĂ©.

M.V. : Est-ce que tu penses que se rendre chez son disquaire est plus avantageux que d’acheter sur internet ?

F. : Je ne suis pas dans l’antagonisme, je pense que ça peut se complĂ©ter. Venez voir les disquaires, et vous aurez de belles surprises. Chez moi, on peut trouver des disques de 10 Ă  15 € (c’est mon prix moyen en magasin, hors grosses pièces). Ce qui est certain, c’est que ce que vous verrez, c’est ce que vous achèterez. Globalement, en boutique, vous avez le contact, l’Ă©change avec le gĂ©rant. Pour ma part, je suis passionnĂ©, et accessoirement un gros collectionneur ; d’ailleurs, je suis l’activitĂ© de ta chaĂ®ne depuis longtemps. J’y trouve des choses très sympas dessus. En tous les cas, j’imagine assez mal pouvoir faire ce mĂ©tier sans ĂŞtre un passionnĂ© de musique.

M.V. : Tu envisages de te mettre au Click & Collect ?

F. : Sans doute. Il faut dire que je suis seul Ă  tenir la boutique. Pour le moment, l’une de mes « missions » principales est de trouver constamment des nouveautĂ©s et du nouveau matĂ©riel pour que les gens qui viennent souvent fouiller dans les bacs aient toujours quelque chose qui leur plaise. Lorsque je vais Ă  la rencontre des vendeurs, lorsque j’achète des lots, etc… cela prend beaucoup de temps. C’est pour cette raison que, en 2022, je modifierais les horaires du magasin pour me libĂ©rer du temps. Cela me permettra de rechercher des disques que je pourrais ensuite proposer Ă  mes clients.

M.V. : En tant que disquaire (et collectionneur), comment perçois-tu le futur du support vinyle ?

F. : Je me suis dĂ©jĂ  posĂ© cette question ! J’ai 59 ans, donc il est Ă©vident que si j’avais 30 ans aujourd’hui, la question se poserait fortement. La première chose qui me rassure, c’est que beaucoup de jeunes se mettent au support vinyle. Je considère que ce n’est pas un effet de mode. La deuxième, c’est que de plus en plus de constructeurs proposent Ă  nouveau des platines. Il y a donc un regain Ă  ce niveau, mais aussi intrinsèquement un regain au niveau des pressages, car de nos jours, et dans le monde entier, il y a de nouvelles usines de pressages qui rĂ©ouvrent. Je pense qu’il va falloir suivre de manière très attentive la politique des majors sur le neuf. Pour ma part, je ne fais quasiment que de l’occasion (vous trouverez chez moi quelques pièces neuves lorsque j’ai la possibilitĂ© d’en acheter). Toutefois, c’est vrai que les prix exercĂ©s sur le marchĂ© du neuf m’inquiètent beaucoup. Augmenter l’album « Dure Limite » de Telephone de 20 € Ă  50 €, c’est vraiment Ă  se demander si le jeune public continuera Ă  acheter du vinyle neuf…

M.V. : Surtout lorsqu’on sait que le vinyle vit une ère de renouvellement, et non un ‘retour’…

F. : Oui, tout Ă  fait, c’est un renouvellement. Les jeunes dĂ©couvrent aussi des rĂ©fĂ©rences Ă  travers les connaissances de leurs parents. Il y a lĂ  une espèce de transmission qui est assez sympa, un cĂ´tĂ© intergĂ©nĂ©rationnel qui convient plutĂ´t bien Ă  la passion du support vinyle. C’est cool et rassurant. Bien sĂ»r, les jeunes Ă©coutent Ă©videmment leur Rock subversif, comme notre gĂ©nĂ©ration le faisait Ă  son Ă©poque, mais ils Ă©coutent aussi de la musique urbaine, puisque c’est leur monde Ă  eux et que fatalement ils ne sont pas directement exposĂ©s Ă  la musique de leurs parents… mais c’est contradictoire car, malgrĂ© tout, ils ne peuvent pas passer Ă  cĂ´tĂ© non plus ! C’est ça qui est bien.

M.V. : Merci François de m’avoir accueilli dans ta boutique !

F. : Merci Ă  toi d’avoir pris le temps de venir dĂ©couvrir ma boutique. Bye bye !

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📍 Pour rendre visite à MUSIC NON STOP :
19 Quai Saint-Nicolas / 67000 STRASBOURG