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👎😡 FLOP 5 – albums de 2025 (en vinyle)

Par ici les déceptions ! Par ici les albums qui ne m’ont pas convaincu ! Avis à celles et ceux qui auraient aimé ces albums en 2025 : cette vidéo peut vous faire mal. Pour les autres, je vous explique pourquoi ces cinq albums se sont retrouvés dans mon Flop. Au fait, vous aimez les serpents ?

Deftones

« Private Music »
2025 / Reprise / EUROPE / 093624832355

 

Oui, je vais me faire des ennemis, mais j’assume. Et je résumerai mon choix d’avoir classé cet album en tête de mon flop en une phrase : ce n’est tout simplement pas le Deftones que j’aime. « Private Music » me prive du plaisir que j’éprouvais à l’écoute d’albums comme « Diamond Eyes » (qui reste, selon moi, le sommet de leur discographie avec évidemment « White Pony ») ou encore « Ohms ».

Alors, qu’est-ce qui coince avec ce cru 2025 ? Très certainement cette volonté d’en faire trop, de tout miser sur un mixage criard, au point d’oublier à quel point Deftones était passé maître dans l’art de la structure, là où tout se fusionnait naturellement sans jamais paraître brouillon. « Private Music » vient balayer ces qualités, à l’image d’un morceau comme « My Mind Is A Mountain ». S’y ajoutent des riffs d’une banalité lassante, comme sur « Locked Club » ou « Cut Hands », qui finissent par gâcher le voyage. Le groupe semble même perdre son âme sur « Souvenir », et ce n’est pas la ballade « I Think About You All The Time » qui sauvera les meubles : plate, dénuée de conviction, elle peine à convaincre. Seule « Milk Of The Madonna » tire timidement son épingle du jeu… et encore.

Ce dixième album des Américains de Sacramento est sans doute le plus formaté, le plus prévisible, mais surtout le moins solide et le plus ennuyeux de leur carrière. Un véritable handicap dans le monde du Metal Alternatif, dont la force repose justement sur l’inverse. « Private Music » déçoit par son excès permanent, ses circonvolutions incessantes, son désintérêt pour la linéarité et la forme. Ce n’est pas ‘une pépite’. Les morceaux se ressemblent, la magie n’opère plus. Deftones a cruellement perdu en créativité et, paradoxalement, c’est précisément à ce moment-là que le groupe semble unanimement couvert de louanges…

Hayley Williams

« Ego Death At A Bachelorette Party »
2025 / Believe / FRANCE / BLV8721

 

Hayley Williams continue de creuser sa tombe. Après les décevants « After Laughter » et « This Is Why » au sein de la feu écurie Para(mort), la chanteuse persiste et signe à lisser son aura, alors que ses précédents albums solos (le destructuré « Petals For Armor » en 2020, et le douteux « Flowers For Vases » en 2021) avaient déjà tout dit sur son incapacité à exprimer ses émotions. Dire que c’est la même interprète du morceau « Decode »… que s’est-il passé ?

Son nouvel album, « Ego Death At A Bachelorette Party », est l’exemple même du disque tellement vide qu’il en devient presque risible. Quitte à proposer une ‘Pop bonbon’ formatée, autant aller jusqu’au bout de la démarche. Encore faudrait-il que des morceaux comme « Whim », « Disappearing Man », « Brotherly Hate » apportent quelque chose… et l’on n’est pas Lauren Mayberry qui veut. Si l’ambition de Hayley Williams semble être de se fondre dans la scène pop féminine actuelle, le résultat manque cruellement de crédibilité. Même la pseudo-sensualité affichée sur « Hard » ne décolle jamais. L’album ne fonctionne pas, malgré un timide sursaut créatif sur « Love Me Different » ou le single « True Believer ».

Construit autour de riffs rythmiques basiques et d’une pauvreté mélodique frappante, « Ego Death At A Bachelorette Party » s’apparente à une heure de musique aussi faible dans ses propositions sonores que dans son écriture. L’ennui est total, et le voyage ne mérite clairement pas que l’on s’y attarde.

Feu! Chatterton

« Labyrinthe »
2025 / Virgin / FRANCE / 786 107-0

 

Je m’étais promis de ne jamais parler de ce groupe, tout simplement parce que, depuis ses débuts, j’ai toujours eu du mal avec son univers. Mais avec « Labyrinthe », je dois bien admettre que le point de non-retour est atteint, et que ce nouvel opus ne fait que confirmer une chose : Feu! Chatterton est un groupe que je n’arrive tout simplement pas à écouter plus de trois minutes. Déjà en 2021, « Palais d’Argile » m’avait particulièrement irrité et avait confirmé mon insensibilité à la voix d’Arthur Teboul – je dirais même qu’elle m’agace. Comment peut-on y percevoir le moindre élan ou la moindre envie dans son interprétation ? Tout y semble basique, flemmard, voire endormi. Alors on tente de dynamiser l’ensemble à coups de boîtes à rythmes et de quelques sons électro prétendument « originaux ». Voilà, c’est ça la formule Feu! Chatterton : une ambivalence permanente, un chaud-froid, une émulsion qui ne prend jamais. Et faudrait-il accepter que l’on qualifie cela de « Rock » ?

Ainsi, pour ce quatrième album baptisé « Labyrinthe« , le quintet reprend exactement les mêmes codes qu’en 2021… et recommence. Mais, une fois encore, cela ne fonctionne pas. Un titre comme « Cosmos Song » est tellement ‘creux’ dans son approche. « Mille Vagues » se voudrait poétique, mais reste à des années-lumière de la finesse d’écriture de Terrenoire. Quant à « Monolithe », le morceau se montre mélodiquement ennuyeux. Et ce n’est là que la partie émergée de l’iceberg : une succession de titres sans intérêt et plus académiques les uns que les autres s’enchaînent, sans qu’aucun ne parvienne finalement à se distinguer.

Pas plus que son prédécesseur, ce nouvel album des Français n’a aucune qualité pour m’émouvoir ou me transporter. Le constat est simple : je n’entre pas dans l’univers de Feu! Chatterton, et j’ai bien peur qu’en retour le groupe fasse peu d’efforts pour embarquer l’auditeur. « Labyrinthe » est un disque sans émotion, sans prise de risque, sans foi, qui – ironiquement – finit par se perdre dans les dédales du labyrinthe qu’il a lui-même construit.

Garbage

« Let All That We Imagine Be The Light »
2025 / Infectious / EUROPE / 964145501

 

Depuis « No Gods No Masters » en 2021, tout va à vau-l’eau chez Garbage… Perte de vitesse, perte de créativité, Garbage s’est embourbé et remonte difficilement la pente. Leur nouvel album « Let All That We Imagine Be The Light » ne vient malheureusement pas arranger les choses et érode un peu plus l’héritage laissé par l’âge d’or du quatuor.

J’aurais tant aimé que la troupe à Shirley Manson ait un sursaut de conscience pour son retour en 2025 ; j’y ai cru, vraiment. Jusqu’à que retentisse « There’s No Future In Optimism »… un Garbage low-cost retentit alors dans mes z’ouilles, à mille lieux de la consistance du « Garbage » de 1995, comme si un élément fondamental avait été retiré de la structure. Le constat se répète sur « Hold », puis un peu plus loin sur « Love To Give ». Il manque quelque chose. Le potentiel vocal de Shirley Manson, lui, n’a pas disparu ; il semble simplement contraint de s’adapter à un cadre qui ne le met plus en valeur. Serait-ce alors une question de production ? La présence de Billy Bush n’a pourtant rien de nouveau, et l’expérience devrait parler d’elle-même. Pourtant, derrière « Get Out My Face AKA Bad Kitty », il n’est guère surprenant d’entendre un écho de « Sex Is Not The Enemy »… mais en moins bien. Vraiment moins bien. Le climax du ridicule est atteint avec « R U Happy Now », sorte de morceau électro de bas étage qui ne sied ni à Garbage ni, surtout, à Shirley Manson.

Avec « Let All That We Imagine Be The Light », Garbage perd clairement de sa lumière — et ce n’est pourtant pas faute de l’évoquer dans le titre. Un album contraint, que le groupe semble s’être auto-infligé, que l’on aurait préféré ne pas voir s’ajouter à la discographie du groupe. Et si Garbage prenait enfin une pause, le temps de recharger ses batteries ?

Ghost

« Skeletá »
2025 / Loma Vista / EUROPE  / 00888072667846

 

Vous connaissez sans doute trop bien ces albums que l’on achète les yeux fermés, certain d’y trouver un sans-faute sur toute la tracklist. En 2025, « Skeletá » de Ghost aura été l’un de mes rares achats à l’aveugle. Peut-être ai-je trop fantasmé cet album. Peut-être espérais-je être agréablement surpris. Force est d’admettre que le disque ne m’a pas emmené là où je l’aurais souhaité. Plus inquiétant encore, j’ai l’amère sensation que la magie ‘ghostienne’ commence à s’effriter ; loin semble désormais un album comme « Prequelle », qui, à lui seul, m’avait convaincu de plonger pleinement dans l’univers du groupe suédois.

Pour autant, « Skeletá » ne figure pas en tête de mon flop. L’album n’est pas mauvais en soi, mais il est clairement en deçà de mes attentes. Des morceaux comme « Cenotaph », « Marks Of The Evil One », « Umbra » ou encore « Excelsis » y sont sans doute pour beaucoup. Du côté positif de la balance, je sauve de justesse la ballade « Guiding Lights », ainsi que « Missilia Amori » et « De Profundis Borealis ». Cependant, les seuls véritables rescapés demeurent les singles « Lachryma » et « Satanized », qui, il faut le reconnaître, ont été stratégiquement choisis pour promouvoir l’opus, mais qui finissent par se transformer en mirage dès lors que l’on considère l’album dans sa globalité.

« Skeletá » est un disque que j’apprécie à hauteur d’environ 50 %, ce qui reste insuffisant pour lui permettre d’intégrer mon top. Je n’ai pas encore tiré un trait sur le groupe, mais il est certain que dans la discographie de Ghost, « Skeletá » restera un album de transition : ni réellement marquant, ni véritablement raté.