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Des vinyles chez Luka 🏡💎

đŸŽ§đŸŽ” Chez Luka, le vinyle n’est pas un format : c’est une maniĂšre d’écouter. À un peu plus de 20 ans, il façonne depuis prĂšs de dix ans une collection Ă©clectique et prĂ©cise. Gainsbourg y croise Clara Luciani, Pink Floyd dialogue avec Depeche Mode, tandis que la city pop japonaise s’invite naturellement. Dans ce seiziĂšme Ă©pisode de *Des Vinyles Chez Toi*, Luka ouvre les portes de son salon vintage. 45 tours de jeunesse, pressages patinĂ©s, trouvailles rares et Ă©ditions signĂ©es s’y cĂŽtoient. Une collection qui raconte l’histoire d’un mĂ©lomane vivant sa vingtaine entre prĂ©sent et dĂ©cennies passĂ©es.

MONSIEUR VINYL : Bonjour Luka !

LUKA : Bonjour Monsieur Vinyl !

M.V. : Tu te souviens précisément de ton tout premier vinyle ?

L : Oui, c’était un 45 tours de The Police, achetĂ© quand j’étais au lycĂ©e. Il y avait un petit dĂ©pĂŽt-vente juste Ă  cĂŽtĂ©, et j’y allais pendant mes heures de pause pour fouiller les bacs. Je commençais Ă  m’intĂ©resser au vinyle sans vraiment savoir oĂč ça allait me mener. Ce disque-lĂ  m’a marquĂ© parce que c’est le premier que j’ai choisi consciemment. Je l’ai toujours dans ma collection aujourd’hui, comme un point de dĂ©part.

M.V. : Il y a chez toi le syndrome de la “chance du dĂ©butant”.

L : ComplĂštement. Il m’est arrivĂ© plusieurs fois de penser la veille Ă  un disque prĂ©cis
 et de le trouver le lendemain en vide-grenier ou en foire aux disques. Le cas le plus fou, c’est « Led Zeppelin IV », trouvĂ© trĂšs tĂŽt dans ma collection. Ou encore un « Led Zeppelin I » original français payĂ© 2 euros. Ce sont des moments qui marquent.

M.V. : Tu n’as pas peur des disques qui ont vĂ©cu. Pourquoi ?

L : Un disque, pour moi, c’est fait pour ĂȘtre Ă©coutĂ©, pas conservĂ© sous cloche. Une pochette abĂźmĂ©e, un nom Ă©crit au dos, quelques craquements
 ça raconte une histoire. Tant que le disque reste Ă©coutable, ça ne me dĂ©range pas du tout. Au contraire, ça lui donne une Ăąme. J’aime l’idĂ©e qu’un vinyle ait dĂ©jĂ  traversĂ© plusieurs vies avant d’arriver chez moi.

M.V. : Comment es-tu tombé sur la city pop japonaise ?

L : C’est arrivĂ© avec le revival international de la city pop il y a quelques annĂ©es. En creusant, je suis tombĂ© sur Junko Yagami, et ça a Ă©tĂ© une vraie claque. Les ambiances, les arrangements, parfois trĂšs orchestraux, m’ont immĂ©diatement accrochĂ©. Et comme je m’intĂ©resse dĂ©jĂ  au Japon, ça s’est imposĂ© naturellement dans ma collection. Aujourd’hui, c’est un univers que j’écoute beaucoup.

M.V. : Tu sembles fascinĂ© par les pressages japonais. Qu’ont-ils de spĂ©cial ?

L : La qualitĂ©, avant tout. MĂȘme sur des disques de plus de 40 ans, l’état est souvent impressionnant. Les vendeurs japonais sont extrĂȘmement exigeants sur le ‘grading’, donc il y a rarement de mauvaises surprises. Et puis il y a les dĂ©tails : l’OBI, les inserts, les pochettes. On sent un respect profond pour le support, presque culturel.

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M.V. : Tu racontes une belle anecdote autour de Miles Davis. Que s’est-il passĂ© ?

L : Je suis allĂ© Ă  une foire aux disques en me disant que ce serait gĂ©nial de tomber sur un album prĂ©cis de Miles Davis, Ă  un prix raisonnable. Et je suis tombĂ© exactement sur « Bitches Brew », en pressage original français. C’est un de mes albums prĂ©fĂ©rĂ©s de Miles. Ce genre de moment te donne l’impression que la collection te ‘rĂ©pond’ parfois.

M.V. : Il y a aussi des disques trĂšs locaux dans ta collection, comme cette compile normande punk/post-punk.

L : Oui, c’est un disque pressĂ© en 1985, qui regroupe des groupes punk et post-punk de Normandie. Beaucoup de ces groupes n’ont sorti qu’un ou deux morceaux, parfois uniquement prĂ©sents sur cette compile. J’aime ce cĂŽtĂ© archive locale, presque documentaire. Ce sont des disques qu’on ne trouve pas partout et qui racontent une scĂšne, une Ă©poque prĂ©cise.

M.V. : Tu racontes aussi avoir découvert certains artistes uniquement grùce à une pochette.

L : C’est le cas de Brenda Lee. Je suis tombĂ© sur la pochette chez un disquaire Ă  Strasbourg, sans vraiment connaĂźtre son travail. L’esthĂ©tique annĂ©es 50/60 m’a immĂ©diatement plu, alors je l’ai achetĂ© sur un coup de tĂȘte. Une fois Ă©coutĂ©, j’ai adorĂ©.

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