18 Sep Des vinyles chez Charléli 🏡🌸 fan de Sylvie Vartan
Chez Charléli, le temps s’est arrêté quelque part entre les années 60 et la fin des années 80. À l’âge de 20 ans, il est à la tête d’une collection de 10 000 disques qu’il a mis 10 ans à rassembler. Son domaine musical préféré ? La chanson française. Dans ce nouvel épisode de la série ‘Des Vinyles Chez Toi’, Charléli nous amène dans son univers singulier, véritable lieu d’archive du patrimoine musical français, tout en n’oubliant pas de nous présenter sa pièce spéciale réservée à Sylvie Vartan.
MONSIEUR VINYL : Bonjour Charléli !
CHARLÉLI : Bonjour Monsieur Vinyl !
M.V. : Tu as 20 ans, et déjà 10 ans de collection derrière toi, principalement axée vers la chanson française.
C : Oui, plus principalement la chanson française qui représente 90 % de mes vinyles. Il y a du Michelle Torr, Dalida, Brigitte Bardot, et surtout Sylvie Vartan.
M.V. : Qu’est-ce qui t’a poussé à aller vers la chanson française ?
C : À mes dix ans, ma grand-mère voulait se débarrasser des 45 tours de mon grand-père. Il y avait du Dalida, du Tino Rossi, et d’autres chanteurs de cette époque comme Luis Mariano que j’ai découvert grâce à « La Belle de Cadix ». J’étais aux anges de pouvoir découvrir ça. Je ne connaissais pas du tout. À cet âge, j’étais vraiment pas du tout branché ‘chanson’. Ensuite, j’ai écouté Dalida sur un mange-disque, et je suis devenu fan. À partir de là, j’ai commencé à regarder dans les vide-grenier, dans les brocantes. La machine était lancée.
M.V. : Quand on voit ta collection, on pourrait penser que l’on se trouve chez un collectionneur qui a 40 ans de collection derrière lui, alors qu’il ne t’a fallu que dix années pour arriver à ce résultat.
C : Oui, le début de ma collection comptait une vingtaine de 45 tours. Maintenant, j’ai à peu près 10 000 pièces en tout.
M.V. : Dans ta collection, je vois aussi un Indochine, un Dire Straits avec « Money For Nothing ». Que se passe-t-il à ce moment-là ? Une petite sortie de route ?
C : J’essaie de m’ouvrir un peu à autre chose, à la variété, même si je me consacre beaucoup plus à la variété française. Je m’ouvre aussi à quelques chanteurs récents comme Clara Luciani, ou encore Pierre De Maere dont j’aime bien les chansons, son style, et surtout son album « Regarde-Moi ». Il m’inspire beaucoup. Du côté de la jeune génération, c’est lui que j’écoute le plus. Par contre, j’ai du mal avec le rap. Après, j’ai tellement de disques que j’ai pas une période où j’écoute tout le temps la même chose. Un jour, j’ai envie d’écouter du Carlos, et le lendemain ça va être un autre artiste. Je fais une exception pour Sylvie Vartan.
M.V. : Quel est le 45 tours, ou le vinyle, qui compte émotionnellement pour toi ?
C : Il y en a tellement que c’est difficile d’en citer un seul. Pour moi, j’aime tout ce qui touche à la variété française, donc je n’ai pas vraiment de préférence.
M.V. : Quelle est ta méthode pour faire dédicacer tes vinyles ?
C : Il y a certains disques signés que j’ai acheté sur internet, ou que des amis m’ont offert après avoir pu rencontrer l’artiste. Sinon, pour les artistes qui sont encore de ce monde, je leur écris. J’envoie des courriers, ou soit j’ai un ami sur Paris qui peut toujours m’obtenir des dédicaces.
M.V. : Quelles sont tes platines de cœur sur lesquelles tu joues tes disques ?
C : J’écoute beaucoup mes disques sur une Philips automatique allemande. J’ai beaucoup d’autres platines Philips parce que j’aime bien collectionner les petits électrophones Philips. J’ai aussi des Teppaz. Je les trouve principalement en vide-grenier, en évitant de les acheter sur internet parce que je ne sais jamais dans quel état elles sont.
M.V. : Comment organises-tu ta collection ?
C : J’ai rangé tout ce qui était chanteur français et chanteuse française par ordre alphabétique et ensuite par ordre chronologique. Là, par exemple, j’ai les Charles Aznavour, Richard Anthony, Adamo,…
M.V. : Et tu as un compte Instagram ?
C : J’en ai deux. L’un, nommé Charleli_Vintage, sur lequel je partage de temps en temps quelques disques et des nouveautés, y compris en story. L’autre est réservé à ma collection de Sylvie Vartan : SylvieVartan44.
M.V. : Tu as aussi un gramophone Columbia. Comment arrive-t-il dans ta vie ?
C : Celui-là, je l’ai trouvé chez un brocanteur qui me l’a vendu pour une centaine d’euros. À ce moment là, j’en cherchais un avec un pavillon extérieur. J’ai été impressionné de le voir, parce que ce n’est pas courant, surtout en fonctionnement. C’est quand même du matériel qui a 70/80 ans. Sur son plateau, j’ai posé « L’Hymne à l’Amour » de Edith Piaf.
M.V. : As-tu des disques 16 Tours ?
C : Oui, j’ai deux disques qui tourne en 16 tours. C’est assez rare parce que c’est une vitesse qui n’a pas fonctionné. Sinon, j’ai pas mal de 25 centimètres issus des années 50/60 ; j’ai du Marcel Amont, du Isabelle Aubret, du France Gall, du Rika Zarai,…
M.V. : Tu as aussi des 78 tours. Quel est le morceau préféré sur 78 tours ?
Mon préféré, c’est un Tino Rossi : « Le Chant du Gardian ». C’est une chanson de Tino qui me touche beaucoup parce que c’était la chanson préférée de ma grand-mère. C’est un 78 tours que j’ai mis un petit moment à trouver, et que j’ai eu du mal à l’avoir. J’ai du l’acheter sur Internet.
M.V. : Quels sont les disques que tu recherches actuellement ?
C : Il y a un 33 tours que je recherche, c’est un disque d’Annie Philippe, le seul qu’elle a fait, et qui est très très recherché.
M.V. : Est-ce que tu as des disques dédicacés de Annie Philippe ?
C : Non, bien que je parle souvent à Annie sur Internet. Mais j’ai jamais osé lui envoyer une pochette de 45 tours, parce que vu le prix des 45 tours, j’ai peur de perdre avec La Poste. J’ai déjà eu le cas avec Sylvie Vartan, où j’ai envoyé des pochettes qu’elle n’a jamais reçues.
M.V. : Quelque part, tu es une sorte de gardien du patrimoine musical français…
C : Je suis encore jeune. Mais dans 50 ans, quand je serai en retraite, il n’y en aura pas beaucoup de jeunes qui aimeront cette période de la variété française. Dans quelques années, si les jeunes ne se poussent pas à connaître tout ça, tout sera perdu.
M.V. : Et nous voici maintenant dans ton deuxième antre, dédiée entièrement à Sylvie Vartan. Quel est le lien que tu entretiens avec elle ?
C : Je lui ai écrit assez souvent à son domicile parisien. Elle m’apporte vraiment beaucoup. J’adore ses chansons. J’adore la personne qu’elle est, la gentillesse qu’elle a. À chaque fois que je lui ai écrit, elle me répond. J’ai à peu près une trentaine de photos dédicacées de Sylvie, avec mon prénom.
M.V. : Et tu as été la voir à l’occasion du dernier concert de sa carrière ?
C : Oui, j’ai pu allé la voir à Paris le 10 novembre. J’ai fait développer des photos et j’ai lui envoyé. Elle me les a signées. Là, j’étais aux anges. J’ai pu lui offrir un bouquet sur scène, et j’ai eu la chance qu’un fan m’ai pris en photo en train de lui offrir. J’ai pas pu la rencontrer davantage, mais j’ai au moins cette photo.
M.V. : Est-ce qu’il y a d’autres fans de Sylvie Vartan de ton âge ? Est-ce que tu en rencontres ?
C : J’en ai pas spécialement rencontré dans mon secteur. Mais sur Paris, j’en ai déjà rencontré quelques-uns qui sont fans de Sylvie. On communique sur Instagram. C’est là que j’ai pu connaître toutes ces personnes fans de Sylvie. Forcément, j’en connais aussi qui sont plus âgées, parce que c’est plus de leur époque. Mais c’est aussi grâce à elles que j’en apprends plus sur Sylvie. Je suis également inscrit au fan club de Sylvie.
M.V. : Quels sont les 45 tours que tu possèdes autour de Sylvie Vartan ?
C : J’ai quelques 45 tours qui sont un petit peu plus rares, comme celui-là (« Millionen Verliebte Auf Erden ») qui est un original de 1964, édité en France, sur lequel elle chante en allemand. On le trouve pas facilement, surtout à des prix raisonnables. Il a été réédité en 2013, et ça a fait un peu chuter la cote. Après, il y a ce 45 tours promotionnel de 1969 (« Quelques Minutes avec Sylvie ») qui était proposé chez les disquaires. Il y avait une carte à remplir pour l’obtenir, et seuls les 1500 premiers le recevait. Dessus, Sylvie présente son nouvel album de l’époque : « La Maritza ».
M.V. : Et tu as également un disque de Dalida au mur…
C : Oui, et qui est dédicacé. C’est la plus belle pièce que j’ai sur Dalida. C’est « Le Visage de l’Amour », qui est le dernier album de son vivant. Oui. C’est une des dernières dédicaces qu’elle a dû faire, et qui était adressée à une amie ; on peut lire « à mon amie, affectuellement, Dalida ». C’est une pièce unique.
M.V. : Selon toi, qu’est-ce qui fait que des jeunes comme toi ne se tournent pas vers Sylvie Vartan, Tino Rossi, Dalida,… ?
C : Avec Internet, les jeunes se tournent davantage vers les chanteurs de leur génération. Moi, c’est surtout grâce à ma grand-mère. Si ma grand-mère ne m’avait jamais présenté Tino Rossi à l’âge de 10 ans, je serais jamais tombé dans le monde de la chanson française.
M.V. : Qu’est-ce que tu voudrais dire à tous les jeunes de ton âge qui, possiblement, ne connaissent pas la carrière de Sylvie Vartan, et cet univers français ?
C : Même si ce n’est pas spécialement leur choix d’origine, c’est toujours bien de découvrir ce qui a existé avant, il y a 30 ans, 40 ans en arrière. C’est beau à voir. Il y a toujours quelque chose à en tirer, que cela concerne Sylvie, ou d’autres chanteurs français.





