Connexions #01 ⚡ Matthieu Defoly (Jukebox Orphéau) | Monsieur Vinyl
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Connexions #01 ⚡ Matthieu Defoly (Jukebox Orphéau)

Dans ce premier numéro de Connexions, le contact se fait avec Matthieu Defoly, gérant de la société Orphéau. C’est avec passion et beaucoup d’entrain qu’il nous parle de sa start-up qui conceptualise et fabrique des jukeboxes dans la belle région Bretonne, à environ 15 kilomètres de Rennes.

Monsieur Vinyl : Bonjour Matthieu !

Matthieu : Bonjour Monsieur Vinyl !

M.V. : Comment est né Orphéau ?

M : La naissance de l’Atelier Orphéau a eu lieu à Lille ou je travaillais en 2012. Les gens du Nord ont une véritable passion pour la musique et… les brocantes. J’y ai découvert mes premiers vinyles (quasi tous les originaux des Pink Floyd, mes premiers Cash, Lennon, Neil Young, Renaud… et Pierre Bachelet, vive les corons !). En 2014, changement d’emploi, j’ai emménagé à Paris. Avec un ami à moi, nous avions un rituel deux fois par mois : se présenter nos dernières trouvailles 33 tours. C’est parti de là. Ça faisait un moment que nous discutions du retour de ce format, de sa beauté auditive incomparable, de son grain donnant l’impression que le groupe est devant nous quand le déclic est venu à la lecture des Velvet Underground : fin de Face A, gros blanc. Je me suis dit qu’il faudrait inventer quelque chose permettant de tourner, et d’enchainer ses disques vinyles, à distance. Libérer le dernier frein d’écoute du vinyle, et le sortir de sa zone de confort (ou plutôt d’inconfort) en lui apportant les nouveaux standards d’écoute venus du numérique. Le tout dans un beau meuble musical qui permettrait de partager cette musique, de se déhancher dessus, et de poser un peu ses écouteurs.

Alors je me suis lancé, en 2017, couplé à une envie depuis toujours de monter ma société, idéalement dans un domaine qui me plait et me permettant de faire quelque chose de mes mains (je n’ai pas été déçu). Le siège est à Biarritz, d’où je suis originaire et où se trouve notre service financier et comptable, mais le cœur de l’activité est en Bretagne, près de Rennes, où se trouve notre atelier composé d’un bureau d’étude et de 200m² dédiés à la production des jukebox. Je m’y suis installé car je pouvais profiter à la fois du fort pôle mécatronique implanté à Rennes (mécanique, électronique, informatique et automatisme) ainsi que de métiers plus traditionnels implantés en Bretagne (menuiserie, chaudronnier, usineur…). L’idée étant dès le départ une fabrication réellement française, et tant pis si cela s’en ressent sur le prix, on fera les choses correctement. Deux ans de développement plus tard nous avons lancé notre première collection, la série Tournesol, horizontale, suivie en début 2020 par la série Mimosa, verticale, toute deux permettant de lire vingt disques 33 tours automatiquement, et avec changement de face s’il vous plait, le tout à distance par une petite application toute simple de notre cru également et que nous avons baptisé DISQUENOIR.

M.V. : Quelles sont les différentes séries de jukeboxes que vous proposez ?

M : Pour le moment nous avions un rythme d’une nouvelle collection par an mais je souhaiterais aller plus vite en 2021, et en proposer au moins deux. Nos collections historiques, sous la griffe de H. TUJAGUES, proposent un style scandinave et coloré. Avec comme je le disais la version Tournesol Horizontale et Mimosa Verticale. Les deux embarquent un compartiment pour la machinerie avec son chargeur pour vingt vinyles 33 tours et son bras de saisie, un tiroir pour 100 pochettes, un autre pour l’amplificateur, et un espace caché à l’arrière pour le volumineux tableur électrique et son automate. Tous les jukeboxes sont personnalisables au niveau des laques ou bois, verres et éclairages, avec un véritable équipement sonore adaptée à l’écoute de votre foyer (du choix du diamant aux options CD). Pour les suivantes on vous donne rendez-vous en 2021 avec un design complétement différent, et une sonorisation du meuble repensée.

M.V. : Comment vos jukeboxes sont-ils conçus ? Combien de temps faut-il pour fabriquer un jukebox Orphéau ?

M : Le jukebox est intégralement conçu, usiné et monté en France, par des ingénieurs et des artisans français, à Noyal-Sur-Vilaine ou se trouve notre atelier. Toutes les innovations majeures y sont développées par l’équipe interne. Les jukebox sont conçus et peaufinés dans le bureau d’étude, puis montés, toujours sur place, dans les 200 m² d’atelier spécialement équipé et dédié. L’usinage des pièces aluminiums, les découpes lasers et à la chaudronnerie sont réalisés dans un rayon de cinq kilomètres. Nos ingénieurs spécialisés en électronique et en mécanique ont l’expérience de plus de 400 machines industrielles conçues en vingt ans. Tous les composants embarqués, comme l’automate, les cartes électroniques ou les moteurs sont éprouvés, fiables et pérennes. L’ensemble des éléments est monté à la main dans l’Atelier Orphéau par l’équipe interne.

L’équipe de production est composée d’un mécanicien automaticien, d’un électronicien, d’un développeur et d’un technicien. Pour la fabrication d’un jukebox, unique et personnalisé, ce sont près de 60 heures de montage à compter pour la mécanique puis l’électronique, l’intégration de la machinerie au meuble et l’ensemble des réglages, tests et contrôle qualité de l’automate. Designés par H. TUJAGUES puis adaptés techniquement en interne, la fabrication des meubles est confiée à la Maison Turrini, célèbre menuiserie de luxe établie à Pont-Scorff dans le Morbihan. Fabriqués localement en France, personnalisables et à la commande, les meubles représentent l’écrin du jukebox. Numérotés, ils sont ensuite livrés nus à l’Atelier Orphéau pour fixation et réglage de la machine. L’atelier se visite ! L’équipe commerciale vous accueille également à Paris, et nos services généraux à Biarritz. Tous disposent d’une salle d’écoute.

M.V. : Vous effectuez des démonstrations de vos jukeboxes un peu partout en France. Pouvez-vous m’en dire plus à ce sujet ?

M : Depuis nos débuts nous avons parcouru une trentaine de villes en France et dans les pays limitrophes pour présenter notre idée de jukebox, puis son prototypage jusqu’au produit fini, dans des salons de design, vinyles, audio et voitures de collection. L’avantage était de rapidement pouvoir réorienter le jukebox selon les critiques et avis reçus sur le terrain. Depuis début 2020, nous avons dû réorienter notre politique commerciale, les salons n’étant plus une option, avec la mise en place de trois salles d’écoute privées dans nos locaux à Paris, Rennes et Biarritz afin de permettre aux curieux et intéressés d’assister à une démonstration du jukebox, sur simple rendez-vous. Ensuite, libre au client de venir avec son disque ou de profiter de l’un des disques de notre sélection. Une présentation personnelle lui est faite du jukebox avec une mise en situation : Il choisit son vinyle sur le jukebox, le lance et surtout l’écoute. Généralement, le rendez-vous dure une heure. Ensuite également pour les français plus lointains, nous proposons des vernissages de quelques jours, en partenariat avec une galerie ou un magasin d’ameublement, pour créer un mini événement dans leur ville. Les étapes à venir début 2021 sont d’ailleurs Lyon, Nice et Marseille donc n’hésitez pas à nous prévenir de votre intérêt en nous appelant.

M.V. : Comment se porte le marché du jukebox en France ? Et à l’étranger ?

M : Aujourd’hui, le marché se divise en deux catégories. Celui des baby boomers, une génération très ‘American Dream’, fan de 45 tours et à la recherche d’une ambiance d’époque (avec des exemplaires qui dépassent les 50 000 € comme le Wurlitzer 750, et un prix moyen autour de 15 000 € à 20 000 € pour un jukebox qui fonctionne). Puis celui que nous visons, la nouvelle génération qui affectionne le vinyle dans sa forme 33 tours, et qui recherche avant tout un meuble musical design et multifonction. Et bien évidement, le jukebox est corrélé au marché du vinyle qui, comme vous le savez, affiche une croissance scandaleuse depuis dix ans, principalement dans sa forme 33 tours. On constate d’ailleurs ce retour du vinyle dans tous les pays développés : Angleterre, Pays Scandinaves, Belgique, Hollande, Allemagne, USA, Canada mais aussi Japon et Corée du Sud.

M.V. : Quel est, pour vous, LE jukebox qui vous a marqué dans votre vie ? Comment ressentez-vous le marché actuel du vinyle ?

M : Plutôt que le jukebox, dont je n’ai pas connu le premier âge doré, j’ai été marqué par d’autres avancées technologiques qui ont permis de faire évoluer l’écoute musicale, et la notion de playlists. Et s’il fallait commencer quelque part, je me rappelle encore les premiers CD vierges permettant de graver jusqu’à 100 mp3 dessus. Mine de rien, cela doit bientôt avoir quinze ou vingt ans, c’était la folie ! Puis sont venus les premiers baladeurs mp3, avec les modes continues et aléatoires (qu’avaient déjà certains CD mais limités à douze titres), et la révolution YouTube. Le mauvais côté ? La détérioration du son bien sûr, et la perte de visibilité de l’univers de l’artiste.

M.V. : Quelle clientèle vient chez Orphéau ? Collectionneurs pointus ? Audiophiles ?

M : Nous concevons un meuble musical luxe, dans sa finition et sa clientèle. Généralement d’une génération entre 40 et 60 ans avec un intérêt homme/femme assez équilibré, pour une utilisation soit familiale (dans le salon, le bureau, la salle de vie), soit professionnelle (entrée de siège social, bureau de direction…). Dans les deux cas il y a un intérêt pour la musique et l’envie de créer une ambiance sonore dans une pièce à travers un bel objet presque artistique. Le jukebox a bien entendu un côté très visuel qui ajoute à son charme, notamment par la cinétique mécanique, ses jeux de lumière et bien sûr son disque qui tourne. Nos clients n’avaient pas tous des vinyles, c’est pour cela que nous construisons leur première compilation de vingt disques avec eux. Ils ont aussi souvent un abonnement Deezer ou Spotify (eux ou leurs enfants).

M.V. : Et vous ? Collectionneur également ? Fan de musique, d’un groupe/artiste en particulier ? Quel est votre parcours ?

M : Oui bien sûr ! En huit ans, j’ai dû rassembler 500 disques environ (aujourd’hui répartis dans nos trois auditoriums), avec une majorité de disques Rock Anglais/US, période fin 60 à début 80 (Bob Dylan, The Clash, Neil Young, Lou Reed, Pink Floyd, Beatles, Fleetwood Mac, Joy Division, E.L.O., Queen, Joan Baez,…). En ce moment j’écoute en boucle Wall of Voodoo. Je m’ouvre de plus en plus au Classique et au Jazz, et apprécie également avec plus de parcimonie la musique électronique et le rap.

M.V. : Quels sont les futurs projets à venir chez Orphéau ?

M : Beaucoup de nouveautés sont prévues en 2021 : de nouveaux designs, de nouveaux systèmes audios avec notamment l’intégration des enceintes dans tous nos meubles, et de nouvelles fonctions d’écoute (des fonctions playlists encore plus complètes, et toujours rétroactives).

M.V. : Merci beaucoup Matthieu !

M : Merci beaucoup pour vos questions et votre interview Monsieur Vinyl ! À très bientôt en musique, longue vie au vinyle, et keep spinning !

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