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📀 5 fabricants derrière les plus beaux vinyles du monde (Vinyl Art)

📀 Et si les vinyles collectors que vous achetez aujourd’hui n’avaient rien d’exceptionnel ? Voici ce qui se fait de plus fou au monde en terme de disque vinyle… Dans cette vidéo, je vous emmène à la découverte de 5 ateliers et fabricants qui repoussent les limites techniques du microsillon. Derrière ces créations extraordinaires se cachent des artisans, des ingénieurs et des passionnés qui transforment un simple support musical en véritable objet d’art.

THIRD MAN RECORDS : l’ingénieur

Site 🌍 Third Man Pressing
Instagram 📷 @thirdmanpressing
YouTube 📺 @OfficialTMR

Lorsque l’on évoque les grands acteurs du renouveau du disque vinyle, un nom revient presque systématiquement : Third Man Records. Plus qu’un simple label, il s’agit d’un véritable écosystème consacré à la culture analogique, porté par l’un de ses plus fervents défenseurs, Jack White.

Passionné par le vinyle et les techniques d’enregistrement traditionnelles, Jack White fonde Third Man en 2001 aux côtés de Ben Blackwell et du musicien Ben Swank. En 2009, le label inaugure à Nashville un vaste complexe réunissant studios d’enregistrement, laboratoire photographique, salle de concert et boutique.

En 2015, Jack White ouvre à Detroit sa propre usine de pressage, Third Man Pressing. Dotée de huit presses neuves importées d’Allemagne, elle peut produire environ 5 000 disques par poste de huit heures, soit un vinyle toutes les 45 secondes. Son ouverture constitue un symbole fort pour Detroit, qui n’avait plus accueilli de nouvelle usine de pressage depuis 1965. Une cinquantaine d’emplois y sont créés, participant à la renaissance d’un savoir-faire industriel longtemps délaissé.

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Avant même de disposer de sa propre unité de production, Jack White s’était déjà distingué par son goût de l’innovation. À l’occasion du Record Store Day 2012, il participe à la création du premier 45 tours ‘liquid-filled’ commercialisé à grande échelle. Son titre « Sixteen Saltines », réalisé avec United Record Pressing, est édité dans une version contenant un liquide bleu encapsulé entre deux faces transparentes, devenue emblématique auprès des collectionneurs.

Aujourd’hui, Third Man Pressing fabrique les productions du label mais aussi celles d’artistes indépendants et de majors. L’usine se distingue également par sa dimension pédagogique : ouverte aux visiteurs, elle permet de découvrir les différentes étapes de fabrication d’un disque. Une partie de ses installations est même visible depuis le magasin attenant, illustrant la volonté de Jack White de rapprocher le public des coulisses de la création analogique.

BAD WORLD / BLOOD RECORDS : le marketeur

Site 🌍 Blood Records | Bad World
Instagram 📷 @bloodrecs | @real.badworld

Qui ne connaît pas Blood Records ? Auprès de la nouvelle génération de collectionneurs, le nom est devenu une véritable référence. Sa devise, « We don’t do normal », résume parfaitement sa philosophie.

Basée au Royaume-Uni, l’entreprise collabore avec de nombreux labels et artistes des scènes pop, rock et indie afin de développer des éditions vinyles alliant marketing et culture du collector. Blood Records revendique une politique de « never re-pressed » : une fois une édition épuisée, elle n’est plus reproduite. Cette stratégie, fondée sur la rareté et les mécanismes du ‘FOMO’ (Fear of Missing Out), a permis de fidéliser une importante communauté de collectionneurs, prête à se ruer sur chaque nouvelle sortie, souvent écoulée en quelques minutes. Elle renforce également le caractère exclusif des disques et leur valeur sur le marché secondaire.

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L’entreprise est fondée en 2018 par Craig Evans, passionné de musique et de vinyles. Trois ans plus tôt, il avait lancé Flying Vinyl, un club sur abonnement proposant des coffrets de 45 tours exclusifs d’artistes émergents britanniques. Confronté aux difficultés rencontrées par ces musiciens pour produire des éditions originales, Evans imagine une structure capable de simplifier ce processus tout en créant des objets véritablement différenciants.

Pour ses projets les plus ambitieux, Blood Records s’appuie sur Bad World, une division spécialisée dans les éditions spéciales, notamment les très populaires vinyles liquid-filled. Souvent proposées lors de ventes limitées dans le temps, accompagnées d’un compte à rebours, ces sorties accentuent le sentiment d’urgence chez les acheteurs. Selon Craig Evans, la technologie utilisée par Bad World est brevetée et automatisée, permettant d’intégrer le liquide tout en préservant la qualité sonore et une production à plus grande échelle.

Parmi ses plus grands succès figure la bande originale du film « Saltburn », dont l’édition ‘liquid-filled’ s’est vendue à près de 20 000 exemplaires. Aujourd’hui, Craig Evans résume sa vision du support physique : offrir à la musique un format tangible, intemporel et chargé de sens. Une philosophie qui explique le succès rapide de Blood Records, devenue l’un des acteurs majeurs du renouveau du vinyle de collection.

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WAX MAGE : le magicien

Site 🌍 Wax Mage
Instagram 📷 @waxmagerecords
Instagram (fan) 📷 @wax_mage_fanatic
YouTube 📺 @WaxMageRecords

S’il est un atelier qui produit parmi les plus spectaculaires vinyles au monde, c’est sans doute Wax Mage Productions. Installé à Cleveland, dans l’Ohio (États-Unis), ce laboratoire créatif est adossé à l’usine de pressage Gotta Groove Records. Sa signature résume parfaitement son ambition : « The Artist’s Preferred Pressing Plant ».

Chez Wax Mage, chaque disque est conçu comme une véritable œuvre d’art. L’atelier fonctionne selon une approche entièrement artisanale, avec des vinyles pressés et travaillés à la main. Il s’adresse avant tout aux collectionneurs et aux amateurs d’éditions d’exception, en proposant des séries ultra limitées – parfois de seulement 10 à 25 exemplaires – voire des pièces uniques en ‘one-of-one’. Cette quête d’exclusivité s’accompagne d’un contrôle qualité particulièrement exigeant, considéré comme l’un des plus rigoureux de l’industrie.

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L’aventure Wax Mage débute en juillet 2015 sous l’impulsion de deux employés de Gotta Groove Records : Sarah Snyder, alors cheffe d’équipe au pressage, et Heath Gmucs, opérateur de presse. Avant de rejoindre l’industrie du vinyle, Sarah Snyder travaillait à temps partiel dans la restauration. Elle quittera toutefois Gotta Groove en 2017. L’année suivante, Tyren Craemer rejoint Heath Gmucs pour poursuivre le développement de l’atelier et affirmer la philosophie de Wax Mage : le disque vinyle n’est pas seulement un support sonore, c’est aussi une expérience visuelle allié à un objet de collection.

Le parcours de Heath Gmucs illustre parfaitement la passion émanant de l’atelier. Il débute chez Gotta Groove Records au service emballage avant de devenir opérateur de presse, puis responsable des opérations, jusqu’à occuper aujourd’hui la présidence de Wax Mage Productions. Son lien avec la musique remonte à l’enfance : issu d’une famille de musiciens, il se met à la guitare, la basse et le chant, avant d’intégrer plusieurs groupes, notamment HotChaCha, dont il sera le bassiste.

Cette double culture, à la fois musicale et artisanale, constitue aujourd’hui l’ADN de Wax Mage : faire de chaque vinyle une pièce unique, où la dimension esthétique compte autant que la qualité sonore.

PLASTIKAT DEVIATIONS : le créatif

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Que serait le ‘Vinyl Art’ sans une bonne dose de créativité ? Aux États-Unis, un atelier s’est forgé une identité visuelle immédiatement reconnaissable dans l’univers du disque de collection : Plastikat Deviations. Sa devise, « Maker of unique records and other plastic products », annonce d’emblée la couleur.

Installé à Paducah, une ville d’un peu plus de 25 000 habitants située dans le Kentucky, Plastikat Deviations s’est spécialisé dans la conception de vinyles particulièrement inventifs. Ses réalisations se distinguent par des compositions inventives, des couleurs éclatantes et un goût assumé pour l’expérimentation, tout en conservant un niveau de finition très élevé.

À la tête de l’atelier, Matt Ortt développe depuis plusieurs années des collaborations créatives avec de nombreux labels indépendants et artistes, auxquels il propose des éditions originales et souvent atypiques. Son travail s’inscrit pleinement dans la mouvance du ‘Vinyl Art’, où le disque dépasse sa seule fonction de support musical pour devenir un véritable objet de création et de collection.

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VINYL MANUFAKTUR : l’artisan

Site 🌍 Vinyl Manufaktur
Instagram 📷 @vinylmanufaktur

Du côté de l’Europe, un atelier allemand installé à Pforzheim s’est rapidement fait remarquer : Vinyl Manufaktur, fondé en 2021. À sa tête, l’artisan et entrepreneur passionné Nico Michaelis. Son parcours dans l’industrie musicale débute au début des années 2000, lorsqu’il travaille comme promoteur de spectacles avant de diriger, pendant cinq ans, sa propre salle de concert. Mais sa passion pour le disque le pousse à diversifier ses activités : il crée une agence de booking, fonde plusieurs labels indépendants et lance un magazine en ligne consacré au vinyle, avant d’ouvrir son propre atelier de création et de personnalisation de disques.

La devise de l’entreprise résume parfaitement son positionnement : « Exclusive Vinyl Finishing made in Germany ». Contrairement à une usine de pressage traditionnelle, Vinyl Manufaktur ne fabrique pas les disques à partir de zéro ; l’atelier se spécialise dans la personnalisation de vinyles déjà pressés, une forme de « tuning » appliqué au support analogique. Nico Michaelis peut ainsi intervenir à partir d’un seul exemplaire, à condition que le client fournisse le disque, qu’il transforme ensuite selon les spécifications demandées.

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Pour les célèbres modèles ‘liquid-filled’, par exemple, l’atelier reçoit des vinyles transparents déjà pressés, puis procède manuellement à l’injection du liquide avant le scellement du disque. Au fil des années, Vinyl Manufaktur a réalisé des créations particulièrement originales : disques remplis de bière, de paillettes, de sable phosphorescent, de coquilles d’œufs broyées, ou encore intégrant un système d’éclairage à LED. Tout ce qui ne dépasse pas 1,2 mm d’épaisseur peut être inséré. En 2024, l’atelier produisait entre 15 et 20 exemplaires par heure, chaque pièce étant assemblée entièrement à la main.

Pour mettre au point sa technique d’injection liquide, Nico Michaelis a investi près de 50 000 euros en recherche et développement. Après seulement trois années d’activité, l’atelier avait déjà réalisé entre 2 500 et 5 000 disques de ce type. Parallèlement, il a développé différents procédés de finition utilisant l’or, l’argent ou le platine, tout en veillant à préserver la qualité d’écoute des vinyles. Soucieux du respect des droits d’auteur, il refuse par ailleurs de produire des bootlegs et exige systématiquement l’accord des artistes ou des labels concernés.

En 2022, Nico Michaelis franchit une nouvelle étape en créant Noisy Plastics Records, un label consacré à des éditions vinyles ultra limitées, conçues et réalisées au sein même de son atelier.