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VINYL HAUL #29 đŸ’„ mes achats du 1er Trimestre 2026

âœłïžđŸ’„ Nouveau ‘Vinyl Haul’ = nouveaux vinyles Ă  dĂ©couvrir ! Voici dix nouvelles galettes qui ont fait vibrer ma platine durant le 1er trimestre 2026. Au programme : du rock progressif habitĂ©, du hard rock revival, une touche de djent, de la soul, du rock alternatif des nineties
 et bien plus encore !!

SEB

« Backpack »
2026/ Epheritee / FRANCE / 3700187691653

 

Il existe tant d’artistes solos qui tentent des percĂ©es artistiques en utilisant les mĂ©thodes de composition actuelles, souvent mĂȘlĂ©es Ă  une utilisation massive d’auto-tune. Autant vous prĂ©venir tout de suite : j’aime lorsqu’une vĂ©ritable osmose se dĂ©gage de ce type de propositions musicales ; mais rares sont ceux qui tirent rĂ©ellement leur Ă©pingle du jeu. À mon goĂ»t, ils oublient trop souvent des Ă©lĂ©ments essentiels Ă  la rĂ©ussite d’un album : travailler la cohĂ©rence, affirmer une signature et faire la diffĂ©rence.

SEB n’est pas un inconnu dans le monde crĂ©atif. YouTubeur français largement apprĂ©ciĂ© pour la qualitĂ© de ses thĂ©matiques comme de ses documentaires, c’est aussi un musicien dans l’ñme. AprĂšs plusieurs annĂ©es Ă  publier des freestyles sur sa chaĂźne, il signe un contrat en maison de disques et propose, en 2021, un premier projet, « Crash Test ». C’est aussi Ă  cette pĂ©riode qu’il dĂ©couvre les coulisses d’une industrie trĂšs portĂ©e sur le contrĂŽle ; lui, habituĂ© Ă  travailler en totale indĂ©pendance, se heurte rapidement Ă  un fonctionnement qui lui correspond peu.

Une mauvaise expĂ©rience permet souvent de rebondir. En 2026, SEB retourne sur les terrains de l’indĂ©pendant, reliĂ© uniquement Ă  un contrat de distribution. Il revient alors avec un album bien plus abouti, mature et construit, oĂč une attention particuliĂšre est portĂ©e aux textes et aux punchlines. LĂ  oĂč son prĂ©cĂ©dent projet misait davantage sur la performance, avec un flow rapide et dense, « Backpack » prend le temps de respirer et de raconter. Des morceaux comme « XP » et son cĂŽtĂ© posĂ©, « Tunnel » et son introduction organique, mais aussi l’acoustico-reggae « Ce Monde » ou encore la rĂ©ussie « Sobre & Saoul », s’écoutent comme autant de petites histoires facilement mĂ©morisables. L’album doit Ă©galement beaucoup Ă  sa conception collective : Ă©laborĂ© aux cĂŽtĂ©s des compositeurs Saan et Racy, il gagne en cohĂ©rence et en identitĂ©, formant un ensemble qui fait pleinement corps avec l’artiste. On sent qu’il y a du travail, et cela fait du bien Ă  entendre.

L’habillage visuel, lui, n’est pas en reste. Pendant plusieurs mois, SEB dĂ©veloppe une vĂ©ritable charte visuelle pour sa musique aux cĂŽtĂ©s d’un studio d’animation, allant jusqu’à crĂ©er une mascotte Ă  la maniĂšre de Gorillaz. Il en ressort un personnage mi-animal, mi-humain, inspirĂ© du paresseux, au style intemporel, qui sera baptisĂ© Slout. Quant Ă  la pochette, elle est signĂ©e par l’artiste-peintre toulousain Karl N’da Adopo, qui livre ici un travail particuliĂšrement remarquable, rĂ©alisĂ© sur une toile de 100 × 100 cm.

Le tout a Ă©tĂ© proposĂ© sur diffĂ©rents supports physiques, allant de la clĂ© USB reprenant les traits de Slout Ă  une version CD digipack. CĂŽtĂ© vinyles, l’album est dĂ©clinĂ© en Ă©dition double shaped-disc ainsi qu’en version zoetrope.

« Backpack » est une trĂšs belle surprise musicale printaniĂšre, et une grande avancĂ©e pour un p’tit gars passionnĂ© de musique qui a enfin mis sur pieds un album qui lui ressemble. Un album ‘made by SĂ©bastien’.

Polyphia

« New Levels New Devils »
2018 / Equal Vision Records / USA / EVR1020

 

Il y a des groupes que l’on dĂ©couvre parfois sur le tard, et l’on se demande comment on a pu passer Ă  cĂŽtĂ©. Polyphia fait partie de ceux que j’aurais aimĂ© connaĂźtre plus tĂŽt, et en particulier leur album « New Levels New Devils », leur troisiĂšme opus studio, paru en 2018.

Ce qui est gĂ©nial avec Polyphia, c’est indĂ©niablement cette fusion habile entre funk et metal, dans laquelle la slap bass devient un Ă©lĂ©ment central. Ce genre spĂ©cifique, certains le qualifient de ‘djent’. Mais concrĂštement, c’est bien face Ă  un metal progressif instrumental que l’on se trouve.

Le groupe texan, originaire de Dallas – composĂ© de Clay Aeschliman, Clay Gober, Scott LePage et Tim Henson – ne se contente d’ailleurs pas d’impressionner par sa virtuositĂ© : en plus de faire preuve d’une grande crĂ©ativitĂ© et de bousculer plusieurs codes, il redĂ©finit les contours de la guitare moderne, le tout plongĂ© dans un bain de ‘trap’ et de pop futuriste, avec un soupçon de jazz et des grooves urbains.

Des morceaux comme « Death Note », « Bad » ou « Drown » viennent confirmer la prĂ©sence magnĂ©tique de Polyphia. C’est un festival de cordes oĂč la basse joue un rĂŽle crucial, toujours situĂ©e entre instants funky, riffs percutants et rapides, et performances testostĂ©ronĂ©es. Un peu plus loin dans la tracklist, on retrouve « G.O.A.T » et ses accents lĂ©gĂšrement hip-hop, qui pourraient aisĂ©ment accueillir le flow d’un rappeur. Sur le chemin, on croise aussi la dĂ©cadente « Saucy », mais Ă©galement la pop « So Strange », qui accueille la voix du multi-instrumentiste mexico-californien Cuco, artiste indie s’inspirant du latin jazz et – l’on y revient – du hip-hop.

CĂŽtĂ© vinyles, « New Levels New Devils » connaĂźt de nombreuses variantes et repressages, majoritairement publiĂ©s sur le territoire nord-amĂ©ricain. Parmi les pressages ‘splatter’, ‘clear smoke’ ou encore ‘gold’, on trouve deux Ă©ditions intĂ©ressantes : la premiĂšre est le repress ‘Red And White Petal Vinyl’, limitĂ© Ă  1500 exemplaires, qui s’avĂšre ĂȘtre un ‘cornetto’. De l’autre cĂŽtĂ©, l’édition premium, limitĂ©e Ă  1000 exemplaires, est agrĂ©mentĂ©e d’une alternate cover plus sombre et de deux vinyles colorĂ©s dont les faces arriĂšre sont gravĂ©es au laser.

Alicia Keys

« Songs In A Minor » (20th Anniversary Edition, Store Exclusive)
2022 / J Records / USA / 19439912961

 

Comment oublier « Songs in A Minor », un album encore aujourd’hui reprĂ©sentatif d’une Ă©poque oĂč la soul contemporaine Ă©tait un genre musical que l’on boudait rarement. Ce premier album studio, rĂ©compensĂ© par cinq Grammy Awards et certifiĂ© disque de platine Ă  dix reprises, aura atteint – non sans mal – les 12 millions d’exemplaires vendus dans le monde. Il va surtout bouleverser la carriĂšre de sa capitaine Ă  bord, alors ĂągĂ©e de 20 ans : Alicia Keys.

Et Keys n’est pas une simple chanteuse : elle est une pianiste-interprĂšte, une compositrice qui habite ses morceaux, et ce double regard fait toute la diffĂ©rence. « Songs in A Minor », ce sont aussi des titres marquants comme « Girlfriend » (co-composĂ© avec Jermaine Dupri), mais aussi – et surtout – « Fallin’ », cette ballade omniprĂ©sente dans tous les iPods de l’époque. On y trouve Ă©galement une surprenante reprise de Prince, « How Come You Don’t Call Me » (que son auteur a adorĂ©e), ou encore la rĂ©ussie « Rock Wit U », la R&B « Goodbye », la latine « Mr. Man », la dĂ©licate « Butterflyz » et la gospel « Lovin’ U ». Mais le plus beau morceau reste sans doute « Foolish Heart », qui apparaĂźt en bonus track dans l’édition du 20Ăšme anniversaire.

Vous l’aurez compris : Alicia Keys – ici notamment accompagnĂ©e par le producteur exĂ©cutif Clive Davis (ex-prĂ©sident de Columbia, qui a cofondĂ© Arista et signĂ© Whitney Houston) – a mis toutes les chances de son cĂŽtĂ© et a visĂ© artistiquement large. Pas Ă©tonnant, donc, que cet album aura parlĂ© – et parlera encore – au plus grand nombre d’aficionados de soul contemporaine.

CĂŽtĂ© vinyle, les petits plats ont Ă©tĂ© mis dans les grands pour l’édition vinyle amĂ©ricaine du 20Ăšme anniversaire, publiĂ©e en janvier 2022 et exclusivement disponible sur la boutique en ligne de l’artiste. À l’intĂ©rieur, deux disques colorĂ©s de type ‘swirl’, verts et noirs, dont deux morceaux bonus figurent sur la face D. Mais l’effet ‘wow’ demeure sa pochette gatefold, dans laquelle se trouve un piano en pop-up. En dessous, une enveloppe renferme une lettre signĂ©e par Alicia Keys. Il fallait bien ça pour un album dĂ©sormais devenu un classique du R&B outre-Atlantique !

Wolfmother

« Wolfmother » (20th Anniversary Edition)
2026 / Universal / EUROPE / 602475994923

 

DĂšs les premiĂšres mesures de son premier album Ă©ponyme, « Wolfmother » impose une signature : un rock rĂ©tro-futuriste tirant autant des racines du hard des annĂ©es 70 – agrĂ©mentĂ© d’un heavy rock aguerri et lĂ©gĂšrement bluesy – que d’une Ă©nergie presque psychĂ©dĂ©lique. À sa sortie en 2005, le disque, produit par David Sardy (qui composera notamment la B.O. du film « Bienvenue Ă  Zombieland »), est un choc : un exemple de blues-rock revival qui appellera bon nombre de descendants. « Wolfmother » propulse aussi le trio australien sur le devant de la scĂšne internationale, portĂ© par des morceaux furieux comme « Woman » ou « Joker & The Thief », ce dernier Ă©tant utilisĂ© par la marque française Peugeot comme indicatif pour promouvoir sa 308 SW.

Puis, Wolfmother finit par se scinder en 2008, avec le dĂ©part du bassiste/claviĂ©riste et du batteur. Le chanteur Andrew Stockdale devient alors le seul Ă©lĂ©ment de la seconde vie du groupe. Et l’album suivant, publiĂ© en 2009, « Cosmic Egg » – pourtant enregistrĂ© aux cĂŽtĂ©s de trois nouveaux membres et malgrĂ© la production du Britannique Alan Moulder (Depeche Mode, The Killers, A Perfect Circle, 
) – ne parvient pas Ă  recrĂ©er la magie des dĂ©buts : le quatuor se perd.

Vingt ans aprĂšs – et quatre albums studio au compteur – les premiers instants de l’histoire de Wolfmother continuent de coller aux basques du groupe. Alors, pour rassasier les fans les plus ardents de cette premiĂšre pĂ©riode, et profitant de cet anniversaire, rien de tel que de raviver l’énergie d’alors en rééditant, pour la Ă©niĂšme fois, le prĂ©cieux de 2005. Mais cette fois-ci, il s’agit d’une cĂ©lĂ©bration plus visuelle que musicale, avec une Ă©dition renfermant deux picture-discs oĂč chaque face reproduit l’Ɠuvre graphique (et mystique) signĂ©e par le gĂ©nial illustrateur new-yorkais Frank Frazetta – Ă  qui l’on doit aussi les pochettes de Molly Hatchet ou encore « Expect No Mercy » de Nazareth.

High-Hi

« Noonday Demon » (Pink Limited Edition)
2026 / PIAS Recordings / BELGIQUE / PIASB999LP

 

Nos amis belges vont certainement reconnaĂźtre un groupe de chez eux : High-Hi, dĂ©jĂ  bien introduit dans le paysage pop alternatif depuis 2014, annĂ©e durant laquelle le groupe est rĂ©vĂ©lĂ© en finale du ‘Humo’s Rock Rally’, un tremplin organisĂ© par le magazine belge ‘Humo’ depuis 1978.

MenĂ© au chant par Anne-Sophie Ooghe, accompagnĂ© de Dieter Beerten Ă  la basse et de Koen Weverbergh Ă  la batterie, le trio originaire d’Anvers nous est revenu en ce dĂ©but d’annĂ©e 2026 avec son quatriĂšme album studio. Et quel album ! Musicalement, le contenu est qualitatif, bien mixĂ©, marchant dans les pas des magiques Fleetwood Mac tout en fusionnant le tout avec un son shoegaze parfaitement dosĂ©. C’est un pur album pop, et ça fait du bien Ă  entendre.

Avant de se concentrer sur l’aspect musical, on peut Ă©voquer le message que le groupe souhaite faire passer Ă  travers le nom de son album, intelligemment baptisĂ© « Noonday Demon ». Celui-ci tire ses origines de l’Ancien Testament : le ‘dĂ©mon de midi’, celui qui vient pousser un homme, au milieu de sa vie, vers la dĂ©bauche. Pour le groupe, le monde est paradoxal : il se sent en antithĂšse entre ce qu’il ressent intĂ©rieurement et ce qu’il extĂ©riorise rĂ©ellement.

« Noonday Demon » est rempli de trouvailles musicales, Ă  commencer par « Running » et ses accents eighties (presque empruntĂ©s Ă  Robert Palmer), mais aussi la formidable « Odessa », aux riffs de guitare impeccables (façon The Cure). Il y a Ă©galement la rythmĂ©e « ??How », ou encore « Scammers » et « The Show », toutes deux interprĂ©tĂ©es comme aurait pu le faire une certaine Sharleen Spiteri de Texas. Un album diversifiĂ©, complet, qui conserve tout du long une belle cohĂ©rence – notamment grĂące aux conseils non nĂ©gligeables d’Anthony Gonzalez du groupe M83. Cela s’entend particuliĂšrement dans le morceau « 240p (Feedback) » qui vient clĂŽturer l’album.

CĂŽtĂ© vinyle, seul un disque rose opaque est proposĂ© Ă  ce jour sur le site officiel de High-Hi, dans une version limitĂ©e incluant une planche de stickers illustrant chacune des chansons de l’album. Le tout est livrĂ© avec une pochette PVC sur laquelle est apposĂ© un autocollant. Chez High-Hi, on fait les choses bien, et c’est apprĂ©ciable.

Pink Floyd

« Wish You Were Here » (50th Anniversary Quad-Liquid LP)
2025 / WEA / EUROPE / 5021732515896

 

Doit-on encore prĂ©senter ce classique du rock progressif ? N’a-t-il pas traversĂ© plusieurs gĂ©nĂ©rations, au point de devenir, en 2026, une pierre angulaire majeure, voire un phĂ©nomĂšne culturel reconnu ? Pink Floyd fut le spĂ©cialiste de ce type d’albums, et ce n’est pas le seul de leur discographie qu’ils auront rĂ©ussi Ă  laisser en hĂ©ritage dans l’Histoire de la musique.

PubliĂ© en 1975, ce disque est une mĂ©ditation sur l’absence, la nostalgie et l’érosion de l’authenticitĂ© dans un monde en mutation, sublimĂ©e par l’osmose inĂ©galĂ©e du quatuor britannique. Du riff Ă©thĂ©rĂ© de « Shine On You Crazy Diamond » Ă  la dĂ©solation poignante de « Wish You Were Here », l’album est une expĂ©rience presque spirituelle, qui s’adresse autant au cƓur qu’à l’esprit. C’est ça, la magie du Floyd. Alors, pour son cinquantiĂšme anniversaire, tout Ă©tait imaginable. D’ailleurs, Ă  cette occasion, Columbia a proposĂ© un coffret regroupant Ă  la fois l’album remasterisĂ© et quelques morceaux ‘rarities’.

Mais, en parallĂšle, les plus curieux ont su regarder du bon cĂŽtĂ©, notamment auprĂšs du fabricant britannique ‘Bad World’ (connu pour ne jamais rééditer les vinyles qu’il propose). Durant quelques jours, juste avant les fĂȘtes de NoĂ«l, a Ă©tĂ© proposĂ©e Ă  la vente une version vinyle ‘liquid-filled’ de « Wish You Were Here ». Sa particularitĂ© ? Être un ‘quad-liquid vinyl’, fabriquĂ© avec quatre compartiments renfermant des liquides de couleurs diffĂ©rentes, Ă  l’image de l’illustration colorĂ©e qui servait de sticker sur les Ă©ditions avec polybags noirs.

Skunk Anansie

« Post Orgasmic Chill »
1999 / Virgin / ANGLETERRE / 7243 8 47104 1 5

 

Pour les quarantenaires, souvenez-vous de vos annĂ©es 90 ! Pour les autres, il est temps de remonter les pendules Ă  la rencontre d’un groupe au nom aussi Ă©trange que singulier : Skunk Anansie.

Si le rock alternatif Ă©tait leur crĂ©do durant une bonne partie des nineties, c’était surtout une force scĂ©nique, une urgence Ă©motionnelle incarnĂ©e par la prĂ©sence magnĂ©tique de Skin. En 2001, le groupe se sĂ©parera, laissant Ă  la chanteuse une parenthĂšse pour se lancer en solo, avant de renouer en 2009 et d’entamer une seconde vie dans sa carriĂšre.

Mais dans leur discographie, comptabilisant sept albums (dont « The Painful Truth », publiĂ© en 2025), Skunk Anansie aura surtout eu le temps de dĂ©poser deux Ɠuvres majeures : d’un cĂŽtĂ©, le populaire « Stoosh », disque d’or en France, portĂ© par le single « Hedonism (Just Because You Feel Good) ». De l’autre, le plus marginal « Post Orgasmic Chill », troisiĂšme opus du groupe, certifiĂ© triple disque de platine en Italie, et notamment marquĂ© par le morceau « Secretly », que l’on retrouvera dans la bande originale du film « Sexe Intentions ».

C’est justement ce troisiĂšme album qui nous intĂ©resse aujourd’hui : plus puissant, plus intelligent que le prĂ©cĂ©dent. Entre riffs acĂ©rĂ©s, textures Ă©lectroniques parfois troublantes et textes incisifs, ce disque est un condensĂ© d’adrĂ©naline et de poĂ©sie brute. Un album capturant Ă  la fois la rage et la vulnĂ©rabilitĂ© de son Ă©poque, qui nous rappelle que, oui, c’était ça, le ‘Skunk Sound’. À retenir dans la tracklist : des morceaux comme « Charlie Big Potato », mais aussi l’énervĂ©e « On My Hotel TV », la pertinente « The Skank Heads », la pop-rock « Lately », ou encore la ballade « You’ll Follow Me Down » (quatriĂšme single de l’album).

CĂŽtĂ© vinyles, « Post Orgasmic Chill » a Ă©tĂ© publiĂ© Ă  maintes reprises, dont un pressage britannique rose en 2019, et plus rĂ©cemment – pour cĂ©lĂ©brer les 25 ans de l’album – une ribambelle de pressages colorĂ©s, allant du bleu au ‘neon pink’ en passant par le ‘neon yellow’. En 2025, une Ă©dition turquoise a Ă©galement vu le jour.

Extreme

« III Sides To Every Story »
1992 / A&M / EUROPE / 540 006-1

 

Si, d’emblĂ©e, le premier titre de l’album (« Warheads ») vous fait penser Ă  un groupe de thrash metal, dĂ©trompez-vous. Le groupe Extreme est plus subtil qu’il n’y paraĂźt. Et il va falloir vous plonger plus en profondeur dans leurs crĂ©ations pour en comprendre l’essence.

Extreme est un groupe originaire de Boston, qui aura surtout connu son heure de gloire en 1990 avec un morceau unplugged baptisĂ© « More Than Words ». Quant au nom du groupe, c’est un habile mot-valise qui fait cohabiter l’ancien premier nom du groupe local du chanteur et du batteur (nommĂ© The Dream) avec le prĂ©fixe ‘ex’ – comprenez alors Ex-Dream = Extreme. Je vous le disais : il y a de la subtilitĂ©…

En 1992, leur troisiĂšme crĂ©ation studio, « III Sides To Every Story » – enregistrĂ©e en partie aux Abbey Road Studios – vous fait comprendre Ă  quel point la fusion peut ĂȘtre sĂ©duisante, surtout quand elle est bien amenĂ©e. Et comme le titre l’indique, le voyage musical est composĂ© tel un triptyque : la partie ‘Yours’, la partie ‘Mine’ et enfin la partie ‘…And The Truth’.

À l’intĂ©rieur, des morceaux comme « Politicalamity » ou encore « Cupid’s Dead » vous laissent comme un arriĂšre-goĂ»t de Red Hot Chili Peppers dans les oreilles. Et puis, il y a des titres comme « Peacemaker Die » (intĂ©grant un extrait du discours de Martin Luther King) ou « Our Father », tous deux plus proches d’un style Ă  la Def Leppard.

De l’autre cĂŽtĂ©, il y a aussi « Rise N’Shine », qui flirte avec Queen (eux qui, Ă  cette pĂ©riode, participent au Freddie Mercury Tribute Concert). Mais le morceau le plus convaincant de l’opus demeure – selon moi – « Am I Ever Gonna Change ». Enfin, si vous tendez bien l’oreille, vous reconnaĂźtrez durant un bref instant le morceau « Voodoo Child » de Jimi Hendrix Ă  l’intĂ©rieur du titre « Rest In Peace ». Et pour les heureux possesseurs d’une version vinyle, vous gagnez un morceau supplĂ©mentaire (« Don’t Leave Me Alone »).

Mine de rien, « III Sides To Every Story » grimpera jusqu’à la seconde position des charts britanniques en 1992, et ira mĂȘme jusqu’à devenir disque d’or aux États-Unis avec plus de 500 000 ventes. AprĂšs une dissolution en 1996, le groupe renaĂźt dans les annĂ©es 2000. On apercevra aussi le chanteur Gary Cherone rejoindre briĂšvement la line-up de Van Halen en 1998. Quant au guitariste Nuno Bettencourt – adepte de la six-cordes – il deviendra, Ă  partir de 2009, musicien live pour les concerts de Rihanna, participant notamment Ă  ses cĂŽtĂ©s au Super Bowl de 2023.

Alex Henry Foster

« City On Fire, Live In Veruno »
2025 / Hopeful Tragedy Records / CANADA / –

 

Toujours aussi magnĂ©tique et fascinant, le Canadien Alex Henry Foster – grand dĂ©fenseur des droits humains et associĂ© Ă  ‘Amnesty International’ et ‘War Child’ – continue d’Ɠuvrer et d’apporter des merveilles sonores Ă  un public complĂštement connectĂ© Ă  lui. C’est la touche Foster : un pur musicien, dotĂ© de cette incroyable capacitĂ© Ă  vous emporter dans un voyage viscĂ©ral de rock progressif dont lui seul en connaĂźt les infimes secrets.

En 2025, un an aprĂšs « A Measure Of Shape And Sounds » – un album aux connotations ambient rĂ©ussi – et deux ans aprĂšs sa collaboration avec Momoka Tobari sur l’album « Kimiyo », il marque un nouveau retour cathartique avec un morceau baptisĂ© « City On Fire », qu’il interprĂšte ici au festival italien ‘2Days Prog + 1’ (Ă  Veruno), et dont la performance aura Ă©tĂ© captĂ©e puis retransmise sur YouTube.

Alex Henry Foster considĂšre « City On Fire » comme une chanson significative, qui a pris beaucoup plus de sens avec les atrocitĂ©s que la nature humaine inflige au monde. Pour l’artiste, « au-delĂ  du feu qui brĂ»le en nous et du cynisme qui en dĂ©coule se trouve la nĂ©cessitĂ© de transcender la peur et de se perdre dans nos propres illusions enflammĂ©es ».

N’oublions pas non plus l’amour constant qu’Alex Henry Foster porte au support vinyle, lui qui – en parallĂšle – a co-créé aux cĂŽtĂ©s de Jeff Beaulieu une usine de pressage baptisĂ©e ‘Drummond Vinyl’. Le musicien propose aussi aux plus ardus fans de la galette ronde des pressages ‘lathe-cut’, directement gravĂ©s au sous-sol de son Ă©glise-studio (‘The Upper Room’). Ainsi, pour les plus collectionneurs, « City On Fire » n’échappe pas Ă  cette rĂšgle et a Ă©tĂ© mis en vente dans une Ă©dition ‘lathe-cut’ signĂ©e, sĂ©rigraphiĂ©e et limitĂ©e Ă  200 exemplaires.

Roger Hodgson

« Open The Door »
2000 / Canada Boy Vinyl / CANADA / XARL-6272-1A

 

Je ne vais pas vous faire l’affront de vous prĂ©senter Roger Hodgson, sauf, bien sĂ»r, si vous ignoriez que c’est – entre autres – le chanteur de Supertramp. De toute maniĂšre, vous reconnaĂźtriez sa voix entre mille (un peu comme celle de Jon Anderson de Yes). Et ce n’est pas une nouvelle : Hodgson s’est vite envolĂ© en solo, juste aprĂšs l’ultime album du groupe britannique, avec un premier disque paru en dĂ©cembre 1984, intitulĂ© « In The Eye Of The Storm », dans lequel, en fin de tracklist, il rend un vibrant hommage Ă  John Lennon avec « Only Because Of You ».

AprĂšs l’album « Hai Hai » en 1987 (enregistrĂ© aux cĂŽtĂ©s de trois membres de Toto, et qui s’avĂšre ĂȘtre un Ă©chec), Roger Hodgson disparaĂźt des bacs, mais pas du circuit musical, et encore moins de la scĂšne, puisqu’il enchaĂźne prestations live et tournĂ©es. Puis, au mois de mai 2000, dĂ©barque « Open The Door », certainement son album solo le plus abouti. Le tout est produit par le Nantais Alan Simon et enregistrĂ© entre la France, la Californie, l’Italie et la RĂ©publique TchĂšque. TrĂšs vite aprĂšs sa sortie, l’album est propulsĂ© disque d’or.

Parmi les musiciens qui l’accompagnent sur ce troisiĂšme opus, on trouve beaucoup de Français, dont le bassiste Laurent Vernerey (Teri MoĂŻse, MC Solaar, Pascal Obispo,
), mais aussi le QuimpĂ©rois Dan Ar Braz, ou encore le percussionniste Denis Benarrosh (Francis Cabrel, Zaz, Alain Souchon,
).

Au niveau des morceaux, c’est un festival de mini-rĂ©ussites. À commencer par « Hungry », qui ne peut que faire penser Ă  l’ñge d’or de Supertramp, avec ses parties mĂ©lodiques au saxophone assurĂ©es ici par Christophe NĂšgre (Laurent Garnier, Michel Berger, Jean-Jacques Goldman,
). Il y a aussi le single « The More I Look », aux cĂŽtĂ©s du fidĂšle Trevor Rabin (Yes, Tina Turner, Seal,
), ou encore la trĂšs roadie « Showdown », accompagnĂ©e de l’harmoniciste Jean-Jacques Milteau et du regrettĂ© Didier Lockwood. Enfin, il y a « Open The Door », petit bijou en deux parties oĂč tout est alignĂ© et en osmose, pour un voyage musical inoubliable. En somme, un trĂšs bon album de musiciens Ă  destination d’oreilles exercĂ©es.

CĂŽtĂ© vinyle, c’est le Canada qui a Ă©tĂ© servi, quinze ans aprĂšs la publication de l’album en CD et cassette chez Epic. Ici, il s’agit de deux vinyles noirs gravĂ©s Ă  la vitesse de 45 tours, et entiĂšrement auto-Ă©ditĂ©s par l’artiste. 500 exemplaires seulement ont Ă©tĂ© signĂ©s par Hodgson et proposĂ©s exclusivement sur son site officiel, ainsi que durant certains concerts de la tournĂ©e nord-amĂ©ricaine de 2016.